Université d'ATAC : Discours de celle qui ne "parle toujours pas" (25/08/2006)

25/08/2006
Université d'été d'Attac – 2006
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Intervention de Ségolène Royal,

Université d'été d'Attac – 2006

Intervention de Ségolène Royal,
Présidente de la Région Poitou-Charentes

Bonjour à toutes et à tous.
Je suis très heureuse que vous ayez à nouveau choisi le Poitou-Charentes pour y tenir votre Université d'été. Bienvenue, donc, dans notre Région.

J'espère que la densité de votre programme vous permettra quand même de goûter à quelques unes des nourritures terrestres qui font la fierté de nos territoires et motivent notre soutien à l'agriculture biologique, à ses savoir-faire, à ses produits de qualité. Vous connaissez notre opposition aux essais d'OGM en plein champ : elle ne procède naturellement d'aucun obscurantisme hostile à la science mais d'un principe de responsabilité à la fois alimentaire et économique. C'est pourquoi la Région a soutenu tous les maires qui ont pris des arrêtés en ce sens, que le Préfet de Région a immédiatement déférés au Tribunal Administratif... Dans ce domaine comme dans d'autres, la droite, qui diffère d'année en année la transposition d'une directive européenne de bon sens, préfère malheureusement le culte du secret au choix de la transparence. Pourtant, de nos jours, la candeur scientiste du 19ème siècle n'est plus de mise et la vraie modernité consiste à se poser à temps les bonnes questions en n'abandonnant pas aux experts et aux lobbys le monopole de décisions qui concernent toute la société.

C'est parce que nous croyons, nous, aux vertus salutaires du débat démocratique que la majorité régionale de gauche, qui rassemble les socialistes, les communistes, les radicaux de gauche et les Verts, a choisi d'apporter comme l'an passé, une aide financière à vos journées. Car les travaux d'Attac participent de cet effort de réflexion dont l'action politique a tant besoin si elle ne veut pas s'enliser dans les pratiques routinières et l'oubli de ses fins.

Comme l'an passé, la droite régionale a voté contre. Pas de surprise de ce côté-là et, d'une certaine manière, on les comprend : pourquoi s'encombrer de questions dérangeantes quand on croit qu'il suffit de faire comme on a toujours fait et de laisser, au bout du compte, l'économique dicter sa loi au politique ? Ou plus exactement : une certaine conception de l'économie peu conforme à l'intérêt bien compris du pays.

Il est normal que nous ayons, à gauche, plus d'appétence pour la pensée critique car comment fortifier et affûter une ambition transformatrice en phase avec les attentes des citoyens sans commencer par s'affranchir des conformismes ambiants ? Comment agir avec justesse et efficacité dans un monde incertain sans accepter la pluralité des approches et la confrontation des points de vue ? Comment lutter contre le désordre des choses et la naturalisation des inégalités sans s'opposer aux idéologies de la résignation qui s'emploient à les justifier ?

La plus en vogue conclut à l'inéluctable réduction du champ d'action de la politique et des marges de man½uvre de la puissance publique. Telle serait, nous dit-on, la rançon de la globalisation financière avec ses capitaux nomades, son hyperclasse mondialisée ayant largué les amarres, ses salariés forcément jetables, sa déliaison sociale généralisée et son accélération exaltante du changement pour le changement. Un système sans centre et sans visage donc sans responsables identifiés dont nous ne voulons pas. Typique de cette irresponsabilité : en pleine vague de licenciements, un dirigeant d'ATT a pu oser cette phrase : « les gens devraient comprendre que nous sommes tous des travailleurs contingents »..

Cette rhétorique de la défaite du politique doit être combattue pour ce qu'elle est : un mensonge et l'alibi de l'irresponsabilité. Non, la politique n'est pas condamnée à n'être que cette profession supplétive chargée de déréguler tout ce qui fait obstacle à la voracité d'un marché tout-puissant, de faciliter toujours plus la vie des possédants et de mettre au pas les laissés pour compte ou les récalcitrants. Non, l'avenir n'est pas à l'Etat minimal. Non, la politique ne se réduit pas, au mieux, à une « gouvernance » aseptisée qui, sous prétexte de réalisme, entérine les rapports de forces existants et notamment le déséquilibre croissant entre le capital et le travail.

Il suffit de regarder l'état du monde et de la France : jamais on n'a eu autant besoin de politique capable d'imposer des règles justes, un ordre social juste, et de remplacer par des sécurités durables les désordres et les anciennes protections mises à mal.
La volonté et le courage politique ne sont pas des vertus obsolètes mais les qualités absolument nécessaires pour reprendre la main, pour faire obstacle à la marchandisation généralisée, pour garantir le libre accès de tous aux biens communs, pour orienter la production de richesses dans le sens de l'intérêt général, pour redonner aux citoyens et aux peuples la capacité de peser sur leur destin collectif dans un contexte d'interdépendance accrue où nul ne peut espérer tirer seul son épingle du jeu et où la surenchère des égoïsmes mène à la catastrophe collective. Faute de quoi les inégalités qui se creusent, les injustices et les humiliations ressenties, causes premières de toutes les violences, le désespoir et le ressentiment qui en résultent, la hantise de la chute et les paniques identitaires attiseront cette brutalisation du monde dont la guerre de tous contre tous sera l'aboutissement ultime.

Je m'en tiendrai à la France : de tout cela, nos concitoyens sont conscients et inquiets. Loin d'être indifférents à la politique quoique souvent déçus par elle et rendus méfiants par beaucoup de promesses non tenues et d'abandons vécus, je crois qu'ils nourrissent cependant une attente et une demande de politique qu'il ne faut pas sous-estimer.

C'est une demande de sens et de compréhension d'un monde où les repères d'antan, à commencer par ceux relatifs au travail, semblent s'effondrer l'un après l'autre. La première tâche de la gauche, c'est de proposer une lecture cohérente et partageable de cette « grande transformation » qui ne se borne pas aux métamorphoses du marché et à la financiarisation de l'économie, à la flexibilisation du travail et au règne angoissant du court-termisme mais n'épargne désormais aucun domaine de l'existence, bouleverse les modes de vie, les rapports de l'individuel et du collectif (cf. pessimisme collectif/optimisme individuel), brouille les représentations de l'avenir et correspond, sur fond d'incertitudes grandissantes, à une véritable mutation anthropologique ou civilisationnelle.

L'action politique peine encore à en prendre la mesure. Il est pourtant urgent d'actualiser notre grille de lecture, de porter un regard neuf et sans ½illères sur des situations pour partie inédites. Pour cela, il ne faut pas craindre d'en revenir aux raisons qui précèdent les façons et aux valeurs qui les inspirent. La vraie modernité, ce n'est pas de coller à l'air du temps, c'est parfois de prendre le recul qui permet de changer d'angle et de s'arracher à la paralysie des oppositions convenues là où il faudrait, au contraire, relier, renouer ensemble pour retrouver des marges d'invention et d'action. Comment, par exemple, conjuguer plus de liberté et plus de solidarité car bien souvent l'une est la garantie de l'autre et nos concitoyens aspirent à l'une comme à l'autre ? Ou comment mieux articuler le mérite et l'égalité ?

Première tâche donc : donner un sens au présent, poser les mots justes sur les changements subis, les difficultés vécues et l'espoir d'autre chose qui est la raison d'être de l'action politique. Cela peut vous sembler abstrait, ce n'est pas un catalogue de mesures, mais je crois que c'est en réalité très concret car il s'agit de construire une intelligence collective des mutations en cours qui fasse place à l'expérience sensible de chacun. L'action politique souffre, à ce niveau, d'une crise des résultats qui exaspère les Français et nécessite qu'on partage avec eux le temps du diagnostic et celui des propositions si l'on veut agir juste.

Face à la casse sociale de la droite, au désengagement de l'Etat, à la fragilisation systématique des protections sociales, aux coups portés aux services publics, à la précarisation et à l'insécurisation salariale, à l'écrasement du pouvoir d'achat, à la ghettoïsation et aux ségrégations qui fragmentent le pays, cette demande d'un retour du politique au poste de commande est forte.

Les Français veulent y voir clair sur ce qui bouge et sur ce qui perdure. Ils veulent savoir au nom de quelles valeurs il est possible d'agir. Ils attendent de ceux qui briguent l'honneur de les représenter qu'ils fassent quelque chose du pouvoir qu'ils leur confient. Entre le sentiment d'impuissance qui les assaille et ce désir d'une politique qui joue pleinement son rôle, nos concitoyens balancent et c'est à la politique par la preuve, comme je le dis souvent, d'emporter leur conviction qu'autre chose est possible.

Une Région, ça ne peut pas tout mais ça peut beaucoup si on en a la volonté, s'il y a à sa tête une majorité de gauche déterminée, unie et respectée dans sa diversité. Notre Région agit sans craindre d'aller au-delà des seules obligations légales qui lui incombent. Nous avons fait le choix d'apporter des résultats concrets qui changent quelque chose dans la vie quotidienne et d'administrer la preuve que la puissance publique n'est pas désarmée. De préfigurer un autre possible à l'échelle de tout le pays. D'associer les citoyens aux décisions qui les concernent : nous disons « partager les décisions pour prendre les bonnes ».

C'est tout le sens du Budget Participatif des Lycées que nous avons créé en 2005, comme nous en avions pris l'engagement, et que nous sommes à ce jour la seule Région à mettre en pratique. Je vous en avais parlé l'année dernière : des décisions démocratiquement délibérées par toutes les composantes de la communauté éducative (élèves, personnels enseignants et non enseignants, parents) au fil de près de 200 réunions dans nos 93 établissements, des choix votés dans les lycées, respectés et financés par la Région à hauteur de 10 millions d'euros par an, une réponse en temps réel aux attentes sur le terrain et aussi, en retour, une transformation des pratiques de l'administration régionale et un levier d'amélioration de la qualité du service public. Une petite révolution culturelle et plus d'efficacité à la clef. Une source d'inspiration, aussi, pour nos politiques en direction des jeunes : je pense en particulier à la force avec laquelle, lors de ces réunions, s'est exprimée une demande de culture dans les lycées. Elle nous a conduits à implanter cette année dans chaque établissement un poste d'animateur culturel pour aider les lycéens à monter et mener à bien des projets dans ce domaine : une dimension forte, désormais, de la vie lycéenne et un nouveau métier, de nouveaux emplois créés pour mieux répondre à ce besoin. C'est cela, pour moi, la démocratie participative : des usagers du service public décidant de l'usage des fonds régionaux, des contribuables décidant de l'utilisation de leurs impôts. Que n'avons-nous pas entendu lorsque nous avons lancé cette démarche novatrice ! Cela ne pouvait pas marcher, c'était inutile de demander aux élèves leur avis sur leurs attentes : elles étaient déjà bien connues, etc. etc. Ca marche et c'est l'occasion de découvrir beaucoup de besoins jusque là inaperçus, comme l'ont reconnu les équipes de direction des établissements à l'occasion des discussions et des votes du Budget Participatif.

Pour l'emploi, nous avons mobilisé toutes les touches du clavier à notre disposition (nos compétences en matière de formation et de développement économique) et inventé de nouveaux outils qui pourraient, demain, être généralisés à l'échelle nationale :
- des bourses tremplins régionales pour celles et ceux qui veulent créer leur activité et leur emploi (plus de 2000 projets de micro-entreprises ont ainsi été aidés). En regardant le détail des premières attributions, je me suis aperçue que les jeunes des quartiers populaires n'en faisaient pas partie : l'information n'était pas parvenue jusqu'à eux ou, quand c'était le cas, ils n'osaient pas franchir le pas ; nous avons décidé que c'était à la Région d'abolir la distance et d'aller vers eux pour qu'ils puissent, eux aussi, bénéficier d'un dispositif dont ils pensaient qu'il n'était pas fait pour eux. Nous avons aujourd'hui une tente itinérante qui fait étape dans les quartiers et rend effectivement accessible à tous l'aide apportée par la Région ;
- une charte d'engagement signée par les entreprises destinataires de subventions régionales et par laquelle elles s'engagent à ne pas délocaliser et à ne pas licencier tant qu'elles font des bénéfices (832 emplois créés) ; par ailleurs, la Région ne finance pas celles qui recourent à des emplois précaires (CNE) ;
- le développement des éco-industries et le soutien aux activités porteuses d'emplois d'avenir ;
- le soutien à l'apprentissage (doublement du nombre des places, renforcement de la qualité de la formation, extension de la formation en alternance à l'enseignement supérieur) et le paiement du permis de conduire à tout élève réussissant son CAP, afin que plus un jeune ne sorte du système scolaire sans diplôme et sans métier ; ceci, bien sûr, dans le cadre du respect de la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans et non, comme l'avait proposé le gouvernement, de cet apprentissage à 14 ans auquel nous sommes totalement opposés ;
- la création de bourses jeunes chercheurs avec contrat de travail pour supprimer la précarité du statut des jeunes chercheurs doctorants, résultat du désengagement de l'Etat et de la paupérisation de la recherche dans notre pays qui conduisent à une désastreuse fuite des cerveaux à l'étranger (200.000 chercheurs européens sont expatriés aux Etats-Unis) ; l'investissement dans la recherche et l'innovation est une clef majeure de la croissance et des emplois de demain et d'après-demain, dramatiquement délaissée par le gouvernement : c'est ce qu'à notre échelle, nous nous efforçons de compenser ;
- la création de 3000 emplois tremplin pour les jeunes (dans les associations et les entreprises) sur les 5000 prévus durant la mandature ;
- le recrutement d'un animateur culturel par lycée, dont je vous parlais en évoquant le Budget Participatif ;
- le soutien à l'emploi des femmes de plus de 50 ans ;
- le soutien au micro-crédit et à l'économie solidaire, une dimension très importante de la création et de la reprise d'entreprises par leurs salariés, sous forme notamment de coopératives ouvrières de production, que nous traitons comme une filière économique à part entière ;
- et enfin, la préfiguration à l'échelle régionale de ce que pourrait être une véritable sécurité sociale professionnelle nationale avec la création d'un compte formation universel qui rend effectif le droit à la formation continue tout au long de la vie et permettra d'assurer la continuité des parcours professionnels sans passer par la case chômage ; nous l'avons conçue à l'occasion de l'annonce d'un plan de licenciements très lourd dans notre Région et nous nous sommes beaucoup mobilisés pour y arriver ; c'est une démarche inspirée de ce que j'avais pu observer lorsque je suis allée en Suède et dont j'avais discuté avec l'ancien Premier Ministre socialiste qui a créé au Danemark un dispositif pionnier de sécurisation des parcours professionnels.

Ces efforts convergents ne sont pas étrangers au fait que la Région Poitou-Charentes arrive, dans le dernier classement réalisé, en tête de toutes les Régions pour les créations d'emplois. (+ 13,5%). Ils montrent que l'on peu conjuguer l'efficacité économique et l'efficacité sociale, la lutte contre la précarité et la performance des entreprises, le soutien à leur dynamisme et l'instauration de règles justes dans une perspective gagnant-gagnant.

C'est avec la même volonté d'inverser le cours des choses que nous voulons faire de notre Région un exemple d'excellence environnementale et nous engager, en dépit des politiques nationales timorées de la droite et de l'absence de fiscalité environnementale réellement incitative, dans la préparation de l'après-pétrole. Nous agissons en direction des particuliers, des collectivités et des entreprises pour les inciter et les aider à se convertir aux énergies renouvelables en finançant l'implantation de chauffe-eau solaires (taux d'équipement 2 fois supérieur à la moyenne nationale), de capteurs photovoltaïques, de chaudières à bois, de récupérateurs d'eau, en épaulant le développement des agro-carburants (site pilote, alternative à l'agriculture intensive) et de l'énergie éolienne, en appliquant à la construction d'un nouveau lycée sans énergie fossile le principe « zéro pétrole », en soutenant un réseau des éco-industries que nous avons mis en place avec tous les acteurs du secteur (chercheurs, entreprises, etc.) et promouvant l'utilisation d'huile végétale dans les engins des agriculteurs.

Je suis, j'ai déjà eu l'occasion de le dire, ardemment attachée à une transformation radicale de notre aide au développement dont les montants font honte à la France et dont l'efficacité est loin d'être optimale. Les actions de coopération avec des pays du Sud dans lesquelles la Région est engagée procèdent d'une autre démarche : priorité aux circuits courts et aux relations de réciprocité entre acteurs de terrain d'ici et de là-bas sur la base d'un échange entre partenaires et d'un apport réciproque. Nous avons en effet autant à apprendre d'eux qu'à leur apporter et il est temps de débarrasser les relations de coopération de ces relents de néo-colonialisme qui, aujourd'hui encore, les imprègnent parfois.

Nous le faisons dans la région du Tamil Nadu en Inde, touchée par le tsunami mais délaissée par l'aide internationale, en partenariat avec des ONG locales, en combinant micro-crédit, formation et soutien scolaire, activités porteuses de revenus réguliers et d'autonomie pour les femmes, réhabilitation des terres rendues impropres à la culture par le sel marin, création d'activités agricoles, implantation de systèmes de stockage et de distribution d'eau potable dans les villages, production d'électricité à partir de biogaz, gestion des déchets, par le biais d'une démarche de démocratie participative fondée sur la reconnaissance de la capacité d'expertise des habitants.

Eco-industries, culture et coopération sanitaire au Vietnam, collaboration autour de la filière caprine au Sénégal et de la production ostréicole au Brésil, toutes les actions que nous menons sont fondées sur la conviction que l'efficacité et la solidarité supposent autre chose que le point de vue d'experts plus ou moins lointains, l'imposition non négociable des technologies du nord ou l'unilatéralisme des bons sentiments : des projets bâtis ensemble, l'implication des populations et des acteurs locaux car il s'agit des moyens de leur autonomie, une échelle territoriale permettant d'échapper à la crise des résultats de nombre de coopérations inter-étatiques.

Tel sont notre état d'esprit et notre manière d'agir, fondés sur la conviction que les citoyens ont une capacité d'expertise légitime et doivent prendre plus directement part aux décisions qui les concernent pour que l'action publique soit forte de cette intelligence collective et réponde plus efficacement à leurs attentes.

Je vous remercie et je vous souhaite de très bons travaux.
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# Posté le mardi 12 septembre 2006 06:25

"La carte scolaire doit permettre la mixité sociale"

"La carte scolaire doit permettre la mixité sociale"
"La carte scolaire doit permettre la mixité sociale"

Jeudi 7 septembre : "Les 4 vérités" sur France 2

« Aujourd'hui la carte scolaire aboutit à créer un résultat qui est à l'inverse de ce qui avait été recherché quand elle a été créée. Et beaucoup de familles contournent cette carte scolaire pour choisir leur école. »

« Ce qu'on observe, et que l'on n'a pas le droit de ne pas voir notamment en cette rentrée, c'est qu'il y a de plus en plus de familles qui quittent l'école publique, laïque, cette école républicaine qui a un devoir de réaliser l'égalité des chances pour aller vers l'école privée.»

« Quand on est à gauche, je crois que l'objectif ce n'est pas de réduire les libertés, mais c'est de se dire : si pour certaines catégories, notamment les mieux informées ou les plus privilégiées, le libre choix d'une école est un bon principe, pourquoi ça ne serait pas le cas pour tous les Français. C'est ça être socialiste ; c'est ouvrir l'éventail des choix à tout le monde dès lors que c'est bien pour certains.»

Une réforme de la carte scolaire
« doit permettre le libre choix entre deux ou trois écoles, collèges, lycées, c'est-à-dire d'élargir la sectorisation. Dans un système idéal toutes les écoles devraient se valoir. Chaque parent mettant son enfant à l'école doit pouvoir se dire : l'école qui est à côté de chez moi va permettre à mon enfant de trouver les mêmes conditions de sécurité, de non violence, de qualité d'enseignement.»

« Cette proposition est conforme, contrairement à ce que j'entends dire, au projet du PS.»

Rien à voir avec ce que propose Nicolas Sarkozy.
" Le ministre de l'Intérieur dit: il faut libérer totalement la carte scolaire pour mettre les écoles en compétition et que le plus débrouillard et que le meilleur gagne».

« En niant le problème, on nie les amertumes ou les frustrations de beaucoup de familles, même si pour 80% d'entre elles, l'école fonctionne bien et la sectorisation fonctionne bien.»

# Posté le dimanche 10 septembre 2006 14:34

20 août 2006 : le long discours de celle qui "ne parle pas"

20 août 2006 : le long discours de celle qui "ne parle pas"
20 août 2006



Discours de Ségolène Royal



Bonjour à toutes et à tous. Quel bonheur de vous voir aussi nombreux, rassemblés à Frangy ! Votre présence est un trésor qui ne me donne que des devoirs et aucun droit. En vous voyant, je me dis que ma première responsabilité, c'est tout simplement d'être à la hauteur de ce que vous êtes, de votre énergie, de votre générosité, de votre patience aussi. Je salue tous les élus de cette belle région de Bourgogne, qui sont présents aujourd'hui. Et toutes celles et tous ceux venus de plus loin, des régions voisines et même d'autres plus éloignées.



Nous avons été touchés, cher Arnaud, par ton évocation éloquente, à l'instant, des désordres économiques qui affaiblissent la République et exaspèrent les Français. Les ravages sociaux et le gâchis humain qui en résultent sont le produit de la brutalité de la droite, de son inertie quand il faudrait agir et de sa confiscation du pouvoir contre lesquelles nous nous apprêtons à mener une bataille décisive. Oui, il faut battre la droite ! Il faut la battre non pas pour nous mais pour redresser le pays et pour donner à chacun, à chacune, le droit et la possibilité effective de construire dignement sa vie et le bonheur des siens, de transmettre à ses enfants et, plus largement, à la génération suivante des valeurs et des moyens de conduire sa vie qui permettront aux jeunes d'aujourd'hui de transmettre à leur tour, le moment venu, à la génération d'après. C'est là le fond, la raison même de l'action politique, dont tout le reste découle. Nous croyons, nous socialistes, que pour repartir vers le haut, la France a besoin de tous les siens, de tous ses talents, de toutes ses énergies. Nous croyons aussi, nous socialistes, qu'il est temps de partager avec les citoyens les décisions qui engagent leur avenir.



Deux visions de la France et deux conceptions opposées de l'exercice du pouvoir seront, dans huit mois, l'enjeu de l'élection présidentielle. C'est de cela que je voudrais aujourd'hui vous parler.



Mais permettez-moi d'abord de vous dire combien je suis heureuse de prendre part à ce moment d'amitié et de fraternité que sont les retrouvailles annuelles de Frangy, dans cette ambiance chaleureuse où se mêlent les Bressans et ceux venus d'ailleurs, les militants et les sympathisants socialistes, des membres des Comités locaux Désirs d'Avenir, des hommes et des femmes de gauche mais aussi des citoyens qui n'ont pas encore fait leur choix, qui peut-être ne savent pas s'ils sont à gauche ou à droite, comme on le dit de beaucoup de Français, et qui regardent, qui écoutent, qui observent. Mais tous, si vous êtes là aujourd'hui, c'est que vous pensez qu'une autre France est possible, une autre France que celle du déclin, des inégalités et du gaspillage humain. Ici, à Frangy, je vous le dis : oui, une autre France est possible !



La Fête de la Rose de Frangy est de longue date un événement politique qui intéresse bien au-delà de la vallée de la Saône. La presse est là en nombre. Pardon pour les bousculades qui en ont résulté tout à l'heure mais les journalistes sont, dans l'exercice de leur métier, des partenaires nécessaires du débat démocratique. Je salue aussi en votre nom la presse internationale dont la présence nous rappelle que l'on s'intéresse, hors de nos frontières, à ce qui va se passer chez nous. Ces bousculades – pourquoi ne pas l'avouer ? – montrent que le vaste mouvement d'aujourd'hui nous a un peu pris de court. Il nous comble mais notre organisation est encore un peu artisanale et c'est d'ailleurs ce qui fait son charme.



Vous savez, Monsieur le Maire, que nous avons installé pour la journée un Internet à haut débit, afin que la presse puisse travailler. Au nom des petites communes rurales, de leur lutte contre la désertification des territoires et pour le droit d'accéder aux nouvelles technologies, je voudrais vous dire, Monsieur le Maire : lorsque la fête sera finie, fermez bien les locaux, fermez bien la mairie et cet Internet à haut débit, gardez-le !



A l'heure où je vous parle, je ressens que la campagne qui s'annonce, cette campagne qui n'a pas encore démarré, nous la voulons belle, ardente et portée par un fort désir d'avenir. Ici, aujourd'hui, je sens en vous cette énergie.



Les Fêtes de la Rose, pour nous socialistes, sont un peu nos fêtes de famille. Une famille qui, cette année, se réjouit d'accueillir beaucoup de nouveaux adhérents : c'est un signe de vitalité et la preuve d'une volonté de peser sur les choix importants qui nous incombent. La famille socialiste est riche de tous ses nouveaux adhérents et de toutes ses générations de militants. C'est une famille moderne au sens où l'on y trouve toutes sortes de sensibilités, de personnalités, d'affinités. Notre combat s'inscrit dans la longue durée de l'histoire socialiste et de ses luttes contre les inégalités. C'est pourquoi nous savons que nous avons aussi, à chaque génération, l'obligation d'en actualiser l'héritage dans le temps qui est le nôtre. Dans la fidélité à nos valeurs mais sans craindre d'innover, d'inventer, d'imaginer. C'est à cela que je vous invite.



La première fois que je suis venue à Frangy, on le rappelait tout à l'heure, c'était en 1993, au lendemain d'une douloureuse défaite qui nous laissa bien peu nombreux sur les bancs de gauche à l'Assemblée nationale. Nous serrions alors les rangs dans l'adversité. Aujourd'hui, je n'en doute pas, c'est portés par la volonté de gagner que nous nous retrouvons en terre bressane, dans cette Bourgogne que François Mitterrand aimait tant.



Comment, ici, ne pas penser à lui ? A son enracinement et à sa fidélité au Morvan. A la force qu'il y puisa. A son dernier désir qu'un peu de terre bourguignonne se mêle, sur sa tombe, à celle de Jarnac, en Charente, dans la Région que je préside. Je me souviens de cette leçon de lucidité et de ténacité qu'il nous donna lors du dernier Conseil des Ministres auquel je participais, en 1993, comme Ministre de l'Environnement. La gauche avait perdu les élections législatives. Un gouvernement de droite était en formation. Nous étions entre les deux tours. Voici ce que nous dit François Mitterrand : « Vous allez devoir reconstituer un noyau cohérent, vigoureux, sans querelles, ne craignant pas les obstacles, acceptant les sacrifices, renonçant aux joies paisibles d'une vie tranquille ». Il avait ajouté : « Je n'en ai plus pour longtemps. J'aimerais bien voir l'Europe se lever. Et pour la gauche, faudra-t-il une génération ? Ce n'est pas sûr. Vous avez une grande et belle cause à défendre, et dites-vous bien qu'elle est meilleure que nous tous. En face, c'est une loi de la société qui veut que ceux qui possèdent veulent toujours posséder plus. Pour imposer des lois d'équité, il faut des révolutions ». Cette belle et forte leçon vaut pour les temps actuels.



Aujourd'hui encore, j'en tire ma force comme j'y ai puisé l'énergie des batailles électorales que nous avons conduites et gagnées. Je revendique cette lignée mitterrandienne et j'en suis fière. Je suis heureuse d'avoir à Frangy l'occasion de vous dire combien, pour moi, cet héritage compte mais aussi ma manière de le revisiter, de l'actualiser à la lumière de tout ce qui, depuis 1993, a changé dans notre pays et dans notre monde.



Comme souvent, les paroles de François Mitterrand allaient droit à l'essentiel. Ce que nous devons en retenir ? D'abord le devoir d'unité : sans elle, rien n'est possible. Le courage requis pour une cause qui nous dépasse. Et la nécessité de révolutions, au sens de changements profonds, pour que la justice l'emporte sur les égoïsmes et les routines.



C'est la feuille de route que je vous propose car ces valeurs claires restent un guide pour l'action.



C'est ainsi que je conçois l'exercice de la responsabilité politique et le rôle d'un Chef de l'Etat.



Pour mener la bataille de l'avenir, nous avons le devoir d'assurer l'unité des socialistes et le rassemblement de la gauche dans le respect de sa diversité. Les socialistes semblent souvent rechigner à faire bloc mais ils finissent toujours par serrer les rangs. C'est pourquoi je crois qu'il faut prendre avec philosophie les débats qui nous animent. Car, au fond, ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous sépare sur tel ou tel sujet. Et nous savons bien que, pour convaincre et entraîner les Français, nous devons commencer par regrouper nos propres forces.
Ici, à Frangy, ce rassemblement est palpable.
Je sens votre espérance.
Je sens votre ferveur.
Je sens notre force collective.
A nous de la faire croître afin que nous soyons en mesure, demain, de retirer la France vers le haut et, avec d'autres, de construire l'Europe par la preuve et de bâtir un monde plus juste. A nous de faire prévaloir, en somme, cet ordre social juste rendant possible la construction, tant attendue, des sécurités durables qui permettront à chacun d'affronter sereinement les changements. Car il n'est pas supportable que ce soit toujours les mêmes qui en soient victimes, toujours les mêmes qui subissent, et toujours les mêmes qui s'en sortent, toujours les mêmes qui en profitent.



Là est la tâche de la gauche qui, comme le disait Léon Blum, sait que les besoins des uns sont solidaires de ceux des autres, que personne ne peut se sauver seul car les droits de chaque individu sont solidaires des droits de tous. Regardez la France, regardez la planète : jamais ces principes n'ont été aussi vrais.



Au bout du compte, quelle est l'aspiration de tout être humain et quel est le sens de la politique ?



I.- Construire sa vie et le bonheur des siens.



Je vous l'ai dit : pour moi, l'action politique doit permettre à chacun de construire librement sa vie, de la choisir et de la maîtriser, et de construire le bonheur des siens, de transmettre à ses enfants les valeurs et le bagage pour réussir. C'est la conquête de ce droit élémentaire, pour chacun et pour chacune, qui justifie d'abord notre combat politique.



Dans la France d'aujourd'hui, les uns maîtrisent leur destin et sont assurés de l'avenir - le leur et celui de leurs enfants - alors que les autres, tenaillés par la précarité, sont privés de cette possibilité ou craignent de la perdre. Là se trouvent le clivage le plus profond et l'inégalité la plus criante à laquelle nous devons répondre.



Pour la droite, cette inégalité est « inévitable » car elle résulterait d'un mécanisme quasi-naturel de sélection, économiquement justifié, qui trie les gagnants et les perdants, avec quelques exceptions qui font illusion, et assurerait le dynamisme de la société. Nous en connaissons le résultat : une société de ghettos dans laquelle ceux qui ne vivent pas de la même façon s'évitent et s'ignorent. Ils ont d'autant moins d'occasions de se rencontrer que la suppression du service national a fait disparaître le dernier endroit où des Français de toutes origines sociales et géographiques pouvaient se découvrir et se parler. Aujourd'hui, dans notre pays, des murs sont dressés qui mettent de plus en plus les uns à distance des autres. Il va falloir abattre ces murs et construire des ponts.



La droite veut faire croire que la gauche propose une société d'assistanat.
Mais la gauche, ce n'est pas l'assistanat ! C'est tout le contraire ! La gauche, c'est créer et garantir les conditions nécessaires pour que chacun ait, à égalité, les moyens et la possibilité d'assumer sa responsabilité et de construire librement sa vie. La responsabilité individuelle et la récompense de l'effort ne sont pas des valeurs conservatrices. Ce sont des valeurs progressistes et je les revendique pour les socialistes, dès lors que les réformes, c'est-à-dire l'action politique vigoureuse, permettent d'en créer pour tous les conditions, au premier rang desquelles, l'éducation, la formation professionnelle et l'accès à la culture. Ce combat pour l'égalité réelle est permanent : il suppose beaucoup de détermination, de constance, de lucidité pour déboucher sur de vrais résultats. C'est en assumant à notre façon ces valeurs trop souvent délaissées par la gauche que nous reconstruirons la valeur travail.



II.- Reconstruire la valeur travail


La bataille pour le plein emploi, la lutte contre la précarité, la dignité du métier et la sécurité du salaire sont au c½ur du projet socialiste. Tout le reste en dépend. On sait que des parents en situation précaire, c'est toute une famille déstabilisée. On sait que l'insécurité du salaire et de l'emploi, c'est plus de difficultés pour transmettre à ses enfants le goût et le sens de l'effort scolaire. Tout se tient : emploi, sécurités, famille, école. Quand un maillon vient à manquer, c'est toute la chaîne qui est fragilisée.



La conviction profonde que nous portons, c'est que la motivation au travail et l'efficacité économique exigent des salariés bien formés et bien payés, respectés et protégés, assurés de la dignité de leur métier et de la sécurité de leur revenu, et certainement pas l'inverse ! C'est cela défendre la valeur travail. Entre 1997 et 2002, nous avons fait beaucoup pour l'emploi et le travail. Demain, nous devrons reprendre et amplifier une action publique abandonnée par la droite qui se borne à afficher des statistiques trompeuses sur la baisse du chômage.



J'ai entendu, à l'Assemblée nationale, des députés de droite affirmer qu'à cause de la gauche et des 35 heures, les Français seraient fâchés avec le travail et les chômeurs confortablement installés dans leurs revenus d'assistance. Il n'en est rien !



Je voudrais rappeler ici à quel point ce sont la droite et les forces libérales qui détruisent la valeur du travail.



Qui trouve normal qu'on licencie pour doper le cours en Bourse des actions ? C'est la droite !
Qui réduit la compétitivité à l'écrasement des salaires et qui réclame un SMIC au rabais ? C'est la droite !
Qui considère les hommes et les femmes au travail comme de simples variables d'ajustement ? C'est la droite !
Qui confond la modernité avec la brutalité du capitalisme du 19ème siècle ? C'est la droite !
Qui met sur Internet les emplois aux enchères et les adjuge à qui accepte le salaire le plus bas ? C'est la droite !
Qui trouve normal qu'un haut dirigeant gagne en une année ce qu'un salarié moyen ne gagnera jamais en toute sa vie ? C'est la droite !
Qui accepte que la France soit la lanterne rouge de la santé et de la sécurité au travail ? C'est la droite !
Qui proclame que la liberté s'arrête là où commence le Code du Travail ? C'est la droite !



Oui, c'est la droite qui précarise à tout va, à coups de CNE, de CDD, d'intérim et de temps partiel contraint, ce triste privilège subi massivement par les femmes.
C'est la droite qui ne laisse comme choix à beaucoup de jeunes que la galère ou l'expatriation.
C'est la droite qui fait exploser le nombre des travailleurs pauvres. Vous vous rendez compte de ce que signifie cette expression : « travailleurs pauvres » ? On travaille et pourtant on ne peut même pas vivre normalement, élever dignement ses enfants, parfois même se loger, quand on fait partie de ces « travailleurs pauvres » qui sont, à 80 %, des travailleuses pauvres.
C'est la droite qui écrase le pouvoir d'achat, laisse s'envoler les factures, le coût du logement et celui des transports, plongeant un nombre croissant de familles dans l'angoisse des fins de mois.



Voilà qui sont les vrais destructeurs du travail !



Ne nous laissons pas abuser : les Français ne sont pas fâchés avec la valeur du travail mais ils sont profondément insatisfaits des conditions dans lesquelles ils travaillent. Le manque de dialogue et l'impression de ne pas compter pour grand chose tout en devant donner beaucoup ruinent la motivation. La France doit sortir de l'archaïsme de ses relations sociales ! Nous sommes un pays très en retard dans ce domaine et, de tous les pays européens, celui où les salariés se disent les plus mécontents de leur vie au travail. J'ai vu en Suède un autre état d'esprit et des pratiques bien différentes grâce, en particulier, à un syndicalisme de masse : dans l'Europe du Nord, plus de 80% des salariés sont syndiqués contre seulement 8% en France. Il va falloir créer chez nous un syndicalisme de masse pour rétablir le rapport de forces, aujourd'hui totalement déséquilibré, entre les dirigeants et les salariés. C'est l'intérêt bien compris du pays car un syndicalisme de masse oblige à la négociation collective et à la prise en compte de l'intérêt général par les dirigeants des entreprises. C'est dans les pays où les taux de syndicalisation sont les plus élevés qu'il y a le moins de licenciements collectifs et qu'il est moins nécessaire de recourir à la grève pour être entendus. Il va falloir qu'en France nous développions, grâce à un dialogue social efficace et à la force des organisations syndicales, une capacité collective d'anticipation, d'orientation et d'accompagnement des mutations économiques qui ne laisse personne sur le bord du chemin. Oui, des entreprises qui fonctionnent bien, dans l'intérêt du pays et en respectant leur salariés, c'est possible en France aussi et nous le ferons !



Les Français ne veulent pas de cette société du précariat et de l'insécurité sociale. Ils en ont assez de devoir s'endetter pour boucler leurs fins de mois. Ils refusent que l'Etat, garant du pacte social, manque à ses devoirs de protection. Ils s'inquiètent des incertitudes qui pèsent sur l'avenir de leurs enfants. Quand le lien social se délite, c'est la Nation qui se fragilise.



La France ne veut plus de l'arrogance de gouvernement et du règne de l'argent-roi. Je veux construire avec vous la République du respect, tant attendue. Celle de l'égalité de traitement, pas des passe-droit et des privilèges. Celle où l'Etat fonctionne bien, efficace et adapté aux risques d'aujourd'hui. Celle qui conduira de vraies réformes parce qu'elles seront justes et élaborées démocratiquement.



III.- Bâtir l'Europe par la preuve


L'Europe doit se relever.
Quels qu'aient été nos votes lors du referendum sur le traité constitutionnel, nos raisons, s'agissant de l'Europe, étaient voisines : nous voulions, les uns et les autres, une Europe plus concrète, plus protectrice, plus citoyenne, plus sociale et plus politique.



De l'Europe que nous voulons à l'Europe telle qu'elle est, nous mesurons la distance et le travail qu'il reste à faire mais c'est le rôle de l'idéal que d'aider à transformer le réel.



La France a besoin d'une Europe qui pèse dans la mondialisation.



Si la France, à partir de 2007, est présidée à gauche, la tâche du Chef de l'Etat sera de s'impliquer activement pour la relance d'une Europe qui favorise la croissance et l'emploi, qui soit capable de se doter d'une véritable politique étrangère (on en mesure ces jours-ci la faiblesse), qui dispose d'un budget permettant réellement de préparer l'avenir. Notre horizon, c'est l'Europe sociale, l'Europe politique et l'Europe de l'environnement.



Il n'est évidemment pas question, pour les socialistes, de soumettre à nouveau à la ratification un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté. Notre projet prévoit de proposer l'élaboration d'un texte court, visant seulement à mieux organiser, démocratiser et responsabiliser les instances européennes. Il devra bien sûr, une fois négocié, être soumis à l'approbation du peuple.



Je vois, pour ma part, deux chantiers majeurs pour amorcer cette « Europe par la preuve » : l'environnement et la recherche. On l'a vu encore cet été avec les dérèglements climatiques : comment peut-on continuer à accepter que l'Europe ne respecte pas ses obligations inscrites dans le protocole de Kyoto ? Comment ne pas voir que c'est en unissant nos compétences et nos forces que nous pourrons préparer le plus rapidement possible l'après-pétrole et le passage aux énergies renouvelables ?
Comment ne pas voir que, dans tous les pays européens, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes de santé, souvent liés d'ailleurs à la dégradation de l'environnement ? Comment ne pas voir la crise avicole, les menaces sur la qualité et la sécurité alimentaires, les risques sanitaires qui en résultent ? Comment tolérer que, dans nos pays développés, une femme sur dix soit désormais frappée par le cancer du sein ? Et nous n'aurions pas la capacité, avec nos chercheurs et nos équipes de médecins, de mettre en commun nos moyens pour combattre les dangers qui pèsent sur notre environnement, pour faire reculer ces maladies souvent directement liées à la présence de pesticides dans l'alimentation ? Mais si, nous en avons la capacité ! Et c'est cela que les citoyens d'Europe attendent de leur dirigeants : des réponses concrètes, des solutions opérationnelles à des problèmes qui les touchent directement et que nous avons la responsabilité de traiter pour nos contemporains et pour les générations futures.



Personne ne pourra dire que l'on ne savait pas lorsque, dans cinquante ans, éclateront des guerres pour la maîtrise de l'accès à l'eau potable. Parce que nous savons, nous n'avons aucune excuse pour ne pas agir, notamment contre le réchauffement de la planète. Nous avons les intelligences techniques et le potentiel de recherche nécessaires. Nous pouvons changer nos comportements citoyens, produire autrement, nous déplacer autrement, habiter autrement et relever ce défi. Nous avons une responsabilité d'autant plus grande que l'Europe dispose de beaucoup de moyens scientifiques et que l'on sait à quel point le réchauffement climatique creuse encore les écarts et les inégalités entre les pays : ceux qui souffrent déjà de la chaleur et de la sécheresse vont souffrir encore davantage. Et si nous n'y prenons pas garde, ces problèmes d'environnement seront demain des menaces supplémentaires pour la sécurité du monde. Voilà à quoi doit répondre l'Europe et nous y répondrons. Car tout se tient là aussi.



IV.- Restaurer la crédibilité de la France dans le monde


Le monde actuel est instable et dangereux.
La fin de la guerre froide ne l'a pas pacifié.
La guerre du Liban et les menaces terroristes nous le rappellent.
La recrudescence des inégalités nourrit le ressentiment, les haines nationalistes et les fièvres identitaires attisent bien des brasiers.
Les guerres préventives aggravent les problèmes qu'elles prétendent traiter.
Il n'y a plus que Bush pour penser que le monde est plus sûr depuis l'occupation de l'Irak. Et le conflit au Liban vient de confirmer l'expérience d'une certaine impuissance de la force.



Dans ce monde-là, la France n'a pas le droit de jouer un rôle effacé.
Elle est membre permanent du Conseil de Sécurité.
Sa géographie et son histoire la mettent au contact de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient, d'où viennent certes des menaces mais aussi de solides amitiés, des attentes fortes et un formidable potentiel de développement.



Dans ce monde-là, ni la peur ni le simplisme comme la théorie de « l'axe du Mal » ne sont bons conseillers. Raison de plus pour être réalistes mais créatifs, pour faire preuve de sang-froid et préférer le pouvoir de convaincre à l'étalage de l'arrogance. Regardons où sont les chances de notre pays, quels droits déniés nous pouvons utilement défendre, quelle contribution efficace nous pouvons apporter à la résolution de certains conflits. Ne nous résignons pas à une certaine impuissance de l'Europe qui, loin de renforcer la France, l'affaiblit mais assumons aussi, si nous voulons être crédibles, notre part de responsabilité.



La France doit le dire haut et fort : le premier facteur de déstabilisation du monde, c'est la misère, ce sont les inégalités qui se creusent, c'est l'humiliation de ceux qui sont bafoués ; c'est d'abord cela qui pousse à la violence et permet toutes les manipulations.



Pour être entendue, la France doit commencer par respecter ses obligations et mettre ses actes en conformité avec ses paroles. Or un classement international publié il y a huit jours place la France au 18ème rang sur 21 pays riches en matière d'aide au développement, ce qui constitue un recul. Est-ce que cela ne nous fait pas honte ? Si, cela nous fait honte. Non seulement l'aide que nous apportons aux pays pauvres est parmi les plus faibles mais elle va à des pays peu démocratiques et la France est qualifiée de particulièrement performante pour... la vente d'armes aux dictatures. Oui, cela nous fait honte et nous devrons le changer si nous voulons être crédibles.



Trop longtemps la politique étrangère et la politique d'aide au développement ont été confisquées par quelques experts. Il faudra de la transparence, il faudra débattre publiquement de ces questions car les Français ont le droit de savoir et de participer aux décisions qui les concernent. Quelle crédibilité peut avoir un pays démocratique pour négocier la régulation des flux migratoires qui résultent de la misère s'il ne remplit pas ses obligations en matière de co-développement ?



Voilà pourquoi il faudra revoir de fond en comble notre politique d'aide au développement et en débattre avec tous les Français car ces choix les concernent. Ils ont le droit de savoir où va cet argent, comment il est utilisé, avec quelles garanties contre les gaspillages, contre la corruption et contre le détournement des aides. Il faudra aussi cesser de plaquer sur les autres pays des modèles de développement dépassés dont nous ne voulons plus chez nous. Pourquoi, par exemple, l'énergie solaire est-elle si peu utilisée au Sud ? Au nom de quoi imposer des modèles basés sur les énergies fossiles alors que ces pays pauvres ont une énergie gratuite ? Le co-développement doit respecter le potentiel de ces régions et associer directement les populations concernées, en s'appuyant en particulier sur les femmes qui, dans certains pays, accomplissent 90% du travail de la terre mais n'ont droit qu'à 5% des crédits bancaires. Comment peuvent-elles se débrouiller ? Il faudra favoriser les micro-crédits, les partenariats directs, les circuits courts et leur contrôle, pour que l'argent aille là où il est bien utilisé, là où il est utile pour construire des écoles, pour réaliser des adduction d'eau, pour doter les villages et les familles d'équipements comme les réchauds fonctionnant à l'énergie solaire qui permettent de faire reculer la déforestation qui aggrave la sécheresse et la pauvreté.



Oui, pour nous, à gauche, elle est là l'utopie réalisable de ce siècle : que les pays pauvres et notamment ceux d'Afrique sortent de la misère grâce à un co-développement mieux pensé, plus solidaire et plus efficace. C'est là que se situe la vraie réponse au problème des migrations de la misère. C'est là qu'il faut remettre de la morale universelle.



Or voyez ce que qu'organise le ministre de l'Intérieur : « l'immigration choisie ». Mais qu'est-ce que cela veut dire ? On irait piller les cerveaux des anciennes colonies françaises après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières ? Ce n'est pas acceptable. L'intérêt de ces pays et le nôtre, c'est un co-développement fondé sur le respect de ce qu'ils sont, de leurs savoir faire, et sur le respect de nos obligations. C'est ainsi que nous pourrons négocier sereinement avec eux une politique de régulation des migrations internationales.



Enfin, pour réaliser ce que je viens d'esquisser dans quelques domaines, il nous faudra accomplir une révolution démocratique et mettre en place une nouvelle République.



V.- Révolution démocratique et nouvelle République


La République fonctionne mal, c'est l'évidence.
L'intérêt général s'efface dans la confusion et l'irresponsabilité des pouvoirs.
Le débat démocratique est confisqué (on vient encore d'en avoir un exemple avec la politique étrangère).
Les promesses électorales sont oubliées.
Le dialogue social est archaïque.
La décentralisation a été dévoyée.
Le sens de la plus élémentaire humanité est perdu dans des expulsions à grand spectacle.
Notre justice est ébranlée.



L'Etat perd sa crédibilité car le gouvernement actuel, tout à son agitation fébrile, n'a plus de boussole. Il fait adopter une nouvelle loi sur l'immigration deux ans après celle qu'il a déjà fait voter. Il décide, malgré sa promesse formelle au Parlement, la privatisation de Gaz de France. Il expulse des enfants qui veulent apprendre à l'école mais laisse filer la délinquance de masse sans s'attaquer à ses causes profondes.



Comment s'étonner que, dans ces conditions, le lien de confiance soit dramatiquement affaibli ? Toutes les élections et toutes les enquêtes d'opinion de ces dernières années délivrent obstinément le même message : les Français ne se sentent ni écoutés ni entendus ni compris. Ils ne sont pas devenus indifférents à la politique mais ils veulent une démocratie qui fonctionne mieux et avec eux, dans laquelle chacun se sente respecté.



Ce que je vous propose, c'est une véritable révolution démocratique pour construire ensemble la République du respect.



Le projet des socialistes propose aux Français une « nouvelle République » qui s'appuie à la fois :





sur une démocratie représentative forte d'un Parlement qui fonctionne mieux et joue vraiment son rôle

et sur une démocratie participative qui donne plus souvent et réellement la parole aux citoyens.



Cela passe par une plus juste représentation des Françaises et des Français dans la diversité de leurs origines sociales et géographiques, par le respect la parité, par le non-cumul des mandats, par un système où la responsabilité soit la règle (à commencer par celle du Chef de l'Etat) et où le Parlement ait un réel pouvoir d'impulsion et de contrôle du gouvernement. Cela suppose aussi que les parlementaires soient bien présents à l'Assemblée nationale, raison pour laquelle le non-cumul des mandats est nécessaire.



Cela passe aussi par une démocratie participative qui élargira la consultation des citoyens, leur pouvoir d'initiative et de décision, notamment par referendum d'initiative populaire et par ce referendum que nous organiserons, Arnaud l'a évoqué, pour mettre en place une grande réforme institutionnelle.



Je crois à la capacité d'expertise des citoyens. Certains se sont moqués de cette idée de « citoyens experts » mais je suis convaincue que chacun d'entre nous est le mieux à même de connaître et d'exprimer ses problèmes, ses attentes et ses espérances, sans pour autant se fermer au point de vue de l'autre. Si beaucoup de Français s'abstiennent, ce n'est pas de gaieté de c½ur ou par indifférence, c'est parce qu'ils se sentent tenus à l'écart et n'ont plus le sentiment de pouvoir influer. Pour avoir envie de s'impliquer, il faut que la prise de parole ait des chances de peser. De plus en plus, nous ne reconnaissons de réelle légitimité qu'aux décisions auxquelles nous avons été associés.



C'est cela, la démocratie participative : écouter pour agir juste, construire ensemble de meilleures décisions et rendre des comptes. Plus les gens y seront associés, plus les réformes seront solides. C'est ainsi que le cap pourra être tenu.



C'est un choix politique : celui de combattre le sentiment d'impuissance qui mine la démocratie et de partager plus largement les décisions pour améliorer l'action publique. Car nous avons tous soif de considération, soif de maîtrise personnelle de nos existences, soif d'efficacité collective et de résultats sans gaspillages ni lenteurs.



Des institutions de la République qui exercent la plénitude de leurs attributions avec l'aide de citoyens qui ne soient plus exclus d'une histoire qui est la leur : c'est cela aussi la juste autorité de l'Etat.



Ce que je vous propose, ce n'est pas une politique au rabais, sorte de gouvernance aseptisée réduite à la simple gestion à la marge du désordre des choses. C'est de mieux partager l'exercice du pouvoir pour que la France saisisse toutes ses chances en assumant cette « passion de l'égalité » qui est la sienne.



Ce que je vous propose, c'est une révolution démocratique fondée :





sur l'intelligence collective des citoyens ;

sur une vraie décentralisation qui identifie les responsabilités et rende l'Etat plus efficace ; « décentralisation », le mot a été bien usé et bien galvaudé mais nous le réhabiliterons en lui donnant tout son sens qui affirme l'intelligence des territoires ;

sur une démocratie sociale dans l'entreprise qui permette, enfin, de moderniser les relations sociales.







Seul le respect créé la confiance. Et la confiance nourrit le désir d'avenir.



Cette révolution démocratique indispensable pour mener des réformes durables et pour atteindre les quelques objectifs dont je vous ai parlé, conduira-t-elle à une 6ème République ? Je vous propose d'y répondre en nous fondant sur ce principe de respect et sur cette politique par la preuve que j'ai évoqués tout à l'heure : faisons d'abord les choses et nommons-les ensuite. Quand nous aurons accompli cette révolution démocratique et cette réforme institutionnelle, lorsque nous aurons tenu parole, alors nous saurons si nous sommes en train de créer une 6ème République. Je vous donne rendez-vous à ce moment-là pour savoir si nous avons réussi, car ce qui est important c'est une conception exigeante de la responsabilité de la fonction politique. Et aussi une manière plus transparente, plus simple, plus directe, d'exercer le pouvoir.



Le rôle d'un chef de l'Etat bien entouré, c'est de fixer un cap et de veiller à ce qu'il soit tenu. J'entends dire, çà et là, qu'il faudrait pour diriger la France une expérience que très peu possèderaient ici-bas. Il est vrai que l'expérience personnelle est importante mais elle ne suffit pas car ce qui compte, aujourd'hui plus qu'hier, c'est la capacité à mobiliser l'expérience collective, à mobiliser toutes les volontés et tous les talents d'un pays qui puise sa force dans sa diversité, à mobiliser, au delà, tous ceux qui veulent tout simplement que ça change.



Nous verrons bien ce que seront les prochaines échéances.
Nous respecterons les calendriers.
Mais à vous voir si nombreux rassemblés, je me sens la possibilité de vous dire certaines choses.



Si je suis en situation, je vous fais la promesse que la valeur travail sera reconstruite et avec elle, car tout se tient, la famille consolidée et l'égalité éducative mieux assurée à l'école.



Si je suis en situation, nous pourrons dire à tous les enfants de ce pays qu'il faut travailler dur car l'effort sera récompensé et le pacte social assuré. Aujourd'hui, c'est le pacte social qui est rompu quand un jeune, notamment dans les quartiers populaires, se retrouve au chômage malgré ses efforts scolaires et ses diplômes. C'est le pacte social qui est rompu quand on essaye d'imposer à toute une génération le CPE et son droit de licencier sans motif pendant deux ans. C'est le pacte social qui est rompu quand les filles sont embauchées, à diplôme égal, à un salaire inférieur à celui des garçons. Si je suis en situation, nous tiendrons la promesse d'un pacte social qui est la condition de la crédibilité de la parole politique et, plus largement, de la fiabilité de la parole des adultes à l'égard des jeunes générations.



Si je suis en situation, la France deviendra le pays de l'excellence environnementale en entraînant toute l'Europe et, en 2008, nous pourrons être fiers du bilan de la présidence française.



Si je suis en situation, la France aura une parole qui porte dans le monde parce que notre pays assumera de manière exemplaire ses devoirs envers les pays pauvres. La crédibilité de notre parole sera restaurée car nos actes correspondront enfin à nos discours, ce qui nous permettra en particulier de traiter efficacement et dignement les problèmes des migrations internationales.



Si je suis en situation, je dis à tous les jeunes de notre pays, et en particulier à ceux auxquels la société ferme aujourd'hui ses portes, que demain la France leur ouvrira ses bras car elle a besoin d'eux et de toutes les forces de sa jeunesse. Je leur dis aussi que toutes les formes de talents seront reconnues.



Si je suis en situation, les femmes sauront que leur temps est venu. Pour des raisons d'égalité et de justice mais aussi, j'en suis convaincue, pour le plus grand bonheur des hommes qui sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à s'en rendre compte.



Oui, nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir de changement et d'avenir que nous voyons monter dans le pays comme ici à Frangy.



Gagner puis faire réussir la France, c'est un devoir, c'est même une obligation morale. Pas pour nous mais pour elle. Parce que notre pays ne résistera pas longtemps à la spirale descendante et à la brutalité sociale dans lesquelles la droite l'entraîne depuis bientôt cinq ans.



Notre responsabilité est aussi de tirer la campagne électorale vers le haut, de poser les vrais problèmes, de mener les vrais débats et de respecter les électeurs pour mériter leur confiance. Cette confiance, cette victoire, nous devons patiemment les construire car rien n'est gagné d'avance. La bataille sera rude mais exaltante. Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et tous ceux qui veulent que ça change enfin et que la France se redresse.



Avec vous, j'ai confiance.
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# Posté le samedi 09 septembre 2006 18:15

Rétro des news importantes du mois précédent...

Rétro des news importantes du mois précédent...
01/08/06
Mardi 1er août, après le bombardement de Cana, Ségolène Royal était l'invitée de RTL : voici la partie de son interview relative à la situation au Liban.

Richard Arzt : Bonjour Ségolène Royal. Après trois semaines d'affrontements au Proche Orient, les efforts diplomatiques ne manquent pas, notamment à l'ONU et pour l'instant ça n'enclenche pas. Alors première question, qu'est-ce que vous dites de la position française : un cessez-le-feu, puis un accord politique avec déploiement de l'armée libanaise au sud du pays et enfin l'envoi d'une force internationale après un accord entre les deux parties.
Ségolène Royal : D'abord, en ce jour de deuil au Liban, de désolation et de souffrance, je voudrais dire, comme tous les Français, ma solidarité avec le peuple libanais et le regret, la profonde souffrance que nous ressentons face à ce pays qui avait retrouvé une souveraineté fragile et qui est à nouveau plongé dans le chaos. La trêve est aujourd'hui de courte durée et il faut donc aller très vite. Une trêve de 48 heures....

... qui est plus ou moins respectée d'ailleurs...
Il faudrait que, pour une fois, la diplomatie se montre très efficace. Je crois que le plan français va dans la bonne direction et en même temps, il faut aujourd'hui des solutions à la fois très concrètes et très ambitieuses.

A quoi vous pensez ?
Très concrètes : il faudrait que la trêve se transforme en cessez-le-feu et peut-être, comme certains l'ont suggéré, commencer très rapidement l'échange de prisonniers parce que ce sont des gestes visibles qui consolident justement les trêves. Il faudra ensuite engager une première étape, sans doute en concertation avec la Syrie, pour une démilitarisation du Hezbollah, qui donnerait une preuve concrète d'un début d'application de la résolution onusienne. Et puis enfin, bien sûr, la garantie de la sécurité d'Israël et la force prévue pour stabiliser le territoire. Mais je crois que ce qui est aujourd'hui visible, c'est que les Etats-Unis ont un rôle clé à jouer et que beaucoup de choses dépendent de l'évolution de l'attitude de l'administration Bush.

Deux choses, vous parlez de la Syrie ; certains font appel à l'Iran plutôt actuellement qui aurait un rôle derrière le Hezbollah.
Oui, c'est vrai. Il est très difficile, cela dit, de renouer le dialogue avec des pays qui réclament la destruction d'Israël. Et en même temps, si l'on considère qu'on ne peut pas dialoguer avec ces régimes ou avec ces organisations, le prix à payer, c'est une escalade de la violence comme on le constate aujourd'hui où l'on voit bien que la situation militaire est sans issue et surtout que la politique américaine a abouti à l'inverse de l'effet recherché.

Donc c'est à eux que vous demandez d'évoluer par rapport à ces pays là ?
Je crois qu'il faut aider les Etats Unis à évoluer, faire pression aussi. Après les attentats du 11 septembre, l'administration Bush a considéré qu'on ne pouvait pas parler aux Etats ou aux mouvements considérés comme « diaboliques ». Ils les ont isolés. Vous savez, c'est l'opposition faite par Bush entre « les forces du Bien » et « les forces du Mal ». Mais aujourd'hui, qu'est-ce qu'on a comme résultat ? Un résultat dramatiquement inverse. D'abord une radicalisation de tous ceux qui ont été humiliés par cette vision du monde et qui se liguent contre les Etats-Unis. On a une montée de l'influence de l'Iran avec l'embourbement américain en Irak ; on a la hausse des prix du pétrole ; on a la victoire électorale du Hamas ; on a la poussée islamiste ; on a la menace nucléaire iranienne. Beau résultat...

Alors comment les aider à évoluer comme vous le dites ?
Une partie de l'opinion publique américaine estime qu'il faut laisser à Israël le temps de mener ses opérations militaires et les néoconservateurs aimeraient une politique encore plus dure. Mais Il y a maintenant de plus en plus de voix aux Etats-Unis qui réclament que le dialogue soit renoué, qui réclament que l'on revienne sur cette désertion diplomatique américaine que l'on connaît depuis 2000. Il faut donc que les Etats-Unis s'impliquent à nouveau diplomatiquement pour que l'on puisse remettre en place un cadre d'intervention.

Et la France peut jouer un rôle dans ce sens ?
La France peut jouer un rôle dans la mesure où elle est très proche du Liban. Elle peut jouer un rôle d'intermédiaire. Elle peut avoir une parole de confiance. Elle peut intervenir. Sans doute faudrait-il aussi trouver des voix qui pèsent au niveau international, des autorités morales qui ne soient pas impliquées dans des intérêts stratégiques ou dans des intérêts étatiques, qui soient capables de mener un dialogue de personne à personne qui permettrait de saisir très vite cette petite lueur d'espoir de trêve de 48 heures pour qu'elle se transforme vraiment en cessez-le-feu et qu'on puisse renouer le dialogue. La grosse difficulté, souvent, c'est d'arriver à se reparler sans perdre la face, sans donner le sentiment d'être affaibli. A certains moments, il faut des efforts presque personnels, des efforts de personnes qui ont conscience de porter l'avenir de l'humanité entre leurs mains. Les chefs d'Etat des grandes nations ont une responsabilité éminente : il faut qu'ils aient la force de se hisser au-dessus de certaines contingences pour que les parties en présence se reparlent sans donner le sentiment que les uns ou les autres sont humiliés.

C'est pour les chefs d'Etats actuels et éventuellement futurs que vous dites ça ?
Non, je pense à des personnalités comme, par exemple, Bill Clinton. Il faudrait en trouver d'autres, peut-être une par continent, qui permettraient de renouer le fil du dialogue et de donner le sentiment qu'on peut au moins tenter de se reparler entre ennemis pour essayer de sauver l'avenir du monde, tout simplement. Parce que là, on est quand même face à un vrai risque d'embrasement généralisé. Nous sommes tous concernés. Il n'y a aucune raison que les choix américains, qui ont les répercussions que je viens de décrire, soient subis par tous.


14/08/2006
Liban : Déclaration de Ségolène Royal au journal de 20 heures de TF1,
« Il faut que les Etats-Unis cessent de s'opposer au dialogue avec l'ensemble de ceux qu'ils considèrent comme des adversaires. Je crois que l'Amérique de George Bush, qui a caricaturé le bien et le mal, a réussi aujourd'hui à souder tous ceux qui sont contre cette politique des Etats-Unis. La France, l'Europe, les Nations Unies ont donc un rôle éminent à jouer, avec autorité, pour imposer une médiation durable »

21/08/06
Ségolène et la Corse

Article de Corse-Matin par Jacques Renucci

Un responsable du PS en visite en Corse, il n'y aurait d'ordinaire pas de quoi déplacer les foules ni remuer le landerneau médiatique. Mais voilà, il s'agit de Ségolène Royal. Dès qu'il est question de madone des sondages, les données changent. Avec elle, on le lui a dit et répété d'Ajaccio à Bastia, la gauche corse retrouve le souffle de quatre-vingt-un ... Au terme de sa quasi « visite d'Etat », Ségolène Royal tire pour nous le bilan de son périple insulaire.

Dans le salon de l'hôtel « Les Mouettes » à Ajaccio, Ségolène Royal boit un jus de pêche. Elle s'est discrètement préparée pour la séance de photos, un coup de peigne après la plage, un léger maquillage. Mais elle préfèrerait qu'on la photographie plus tard, au marché où elle doit se rendre avec le député-maire Simon Renucci. « C'est au milieu des gens que je suis vraiment moi », dit-elle, déjà prête au tête-à-tête.

Dans sa précampagne qui a des allures de campagne, la présidente de la région Poitou-Charentes insiste sur un point : sa liberté de parole-liberté de dire, mais aussi de ne pas dire. « Je suis venue en Corse sans idée préconçue, mais aussi après avoir soigneusement préparé mon dossier », ajoute-t-elle en souriant. Il est des destinations qui ne souffrent pas l'improvisation, « j'ai voulu aborder les choses différemment, en refusant le regard que l'on porte d'ordinaire sur la Corse, et qui produit de la caricature, de la condescendance et du paternalisme. Les politiques qui ont pensé pouvoir utiliser la Corse à leur profit, en prenant par exemple une posture autoritaire, n'ont pu mener à bien leur démarche. Il n'y a pas pour moi d'exercice imposé en la matière, je sais résister à la pression des questions insistantes. Au-delà de l'attente des médias, je respecte mes interlocuteurs, je suis en phase avec eux, je me mets à leur place. Je ne viens en aucun cas donner des leçons. Je me dis que si des responsables politiques débarquaient tous les quinze jours dans notre région du Poitou-Charentes pour dire nos incompétences et critiquer notre utilisation de l'agent public, je leur demanderais de rester chez eux ».

S'ouvrir aux initiatives citoyennes

Ségolène Royal insiste : elle a beaucoup travaillé le dossier corse, elle s'en est imprégnée. Au baccalauréat présidentiel, c'est une option qui rapporte ... ou qui peut être éliminatoire. « J'ai regardé la réalité du développement économique de l'île sans minimiser les problèmes », dit-elle. « Ceux-ci sont accrus par rapport au reste de la Nation, que l'on parle de pouvoir d'achat, d'emploi des jeunes ou de précarité. Il y a un tronc commun d'inquiétudes fondamentales sur le fonctionnement démocratique et la peur de la mondialisation. Que pèse notre expression citoyenne ? Qu'allons-nous devenir en tant que pays tiré par le bas dans la globalisation triomphante ? Ces questions sont plus accentuées dans des régions à identité à la fois forte et menacée. Pourtant, ces territoires ont des atouts qui reposent sur de vraies réalités. L'insularité, j'en suis certaine, prépare à affronter les défis actuels. Les nouvelles technologies relient mieux au monde que n'importe quelle continuité territoriale ... Sans vouloir enjoliver à l'excès, je suis convaincue que la Corse, avec ses racines fortes, a tout pour avancer. Je sais aussi que l'Etat est ici plus attendu dans le respect de la parole donnée. Présidente d'une région à l'avant-dernier rang national pour le revenu par habitant, je sais ce que c'est que d'espérer ses interventions ».

La Corse est une région dotée de pouvoirs étendus. En faudrait-il davantage pour que l'île concrétise ses ambitions ? Ségolène Royal nuance : « L'assemblée territoriale, il est vrai confrontée à des majorités aléatoires, n'a pas encore tiré la pleine mesure du statut de 2002. Je ne me permettrai pas de donner des leçons, mais je pense que l'intervention sur des axes forts de la politique régionale, devrait permettre de transcender les clivages. Dans un souci d'efficacité, il faut appliquer ce que l'on a déjà, et voir ce qui marche ou ce qui ne marche pas. Les territoires doivent saisir à bras e corps les responsabilités qui leur ont été conférées. Mais il leur appartient aussi d'innover, d'inventer des voies d'expression démocratique, de s'ouvrir aux initiatives citoyennes. Pour reprendre un sujet qui fait débat en Corse, nous avons eu à mener une réflexion sur un projet d'incinérateur dans le Marais Poitevin. Un procédé qui n'existe plus en Allemagne depuis dix ans et dont nous ne voulions pas. Nous avons mené une réflexion collective qui a débouché sur une solution satisfaisante avec optimisation du tri, mécanisation, création d'énergie à partir des déchets ... ».

Au cours de sa visite, Ségolène Royal a rencontré beaucoup de maires, surtout rural. « On m'a interrogée sur la charte des langues régionales, à laquelle j'adhère sans restriction, mais avant tout sur des sujets très opérationnels : la question des finances locales, la désertification médicale, l'entretien des routes, la formation des jeunes. Personne, à part les journalistes, ne m'a parlé de la violence ».

Sur la mafia, la clandestinité, le nationalisme, Ségolène Royal était en effet attendue. Mais ceux qui guettaient des propos à disséquer ... et à critiquer en auront été pour leurs frais. De ces problèmes, il en sera question plus tard, dans le volet sécuritaire de son programme de présidentiable. « Mais que l'on n'attende pas de moi une surenchère sur la Corse terre d'exception et de marginalité. En insistant sur les dysfonctionnements, on valorise indirectement les fauteurs de troubles. La réflexion sur la sécurité en Corse ne peut pas être indépendante d'une dynamique nationale. Il faut que l'Etat fonctionne, c'est une évidence, mais il faut aussi qu'il prenne en compte les conditions qui font que cette violence existe. On ne peut la combattre sans en combattre les causes. Mais je m'insurge contre ceux qui réduisent la Corse à cela, tout en étant conscients que les images d'attentats diffusées aujourd'hui à grande échelle, nuisent au développement de l'île. Je préfère parler du souffle nouveau de l'esprit d'entreprise, des énergies renouvelables, de l'essor touristique. Avec un cadre de vie préservé, des traditions authentiques, un sens réel de la famille et de l'éducation, on a tout pour partir sur de bonnes bases ».

Un nouveau défi corse. Certes, la candidate à la candidature, dans cette approche tonique et consensuelle, sait qu'elle ne parle que de sa propre expérience et elle connaît les Corses qui font de la division et de la querelle une seconde nature. Mais paradoxalement, elle trouve là une justification de la ligne qu'elle s'est tracée jusqu'à l'échéance suprême. « Au cours de ma visite, plusieurs personnes m'ont fait remarquer que tout le monde était rassemblé, et bien au-delà du parti socialiste, avec un sens de l'enjeu qui dépasse les conflits locaux. Il y avait de l'élan, un côté optimiste comme en quatre-vingt-un m'a dit un élu ... ». Un rapprochement qui transporte avec une gauche insulaire invertébrée devenue soudain pimpante, solidaire, volontaire. Alors, Ségolène, la grosse tête ? « Si tel était le cas, je l'aurais depuis longtemps. Mais les coups que je prends me ramènent à la réalité ... Avez-vous remarqué que ceux qui parlent de ma supposée inexpérience ont avant tout celle de l'échec ? Celle-là, je m'en passe et je la leur laisse volontiers. Je fais de la politique comme les gens la veulent, avec un projet et une vision, en m'efforçant de sortir des idées reçues, des pesanteurs, des carcans. Selon moi, la parole politique doit rendre légitime ce que les gens n'osent exprimer ».

19/08/06
Ségolène Royal dénonce "les expulsions tapageuses" de Cachan

LE CREUSOT (Saône-et-Loire), 19 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal, candidate probable à l'investiture socialiste à la présidentielle, a dénoncé samedi "les expulsions tapageuses" de "salariés qui font un travail qui correspond à un besoin de l'économie française", à propos de l'évacuation, jeudi, du squat de Cachan (Val-de-Marne).
Lors d'un déplacement en Bourgogne, elle a fait valoir au Creusot (Saône-et-Loire) que les socialistes auront "à construire une société du respect, où l'on ne dresse pas les Français les uns contre les autres, où l'on n'invente pas au coeur de l'été des expulsions tapageuses comme celle que l'on vient de voir".
"On sait depuis deux ans qu'il y a un problème à Cachan, et en deux ans ce gouvernement n'a rien fait pour reloger des salariés qui travaillent pour la plupart, et dans des métiers que les Français ne veulent pas faire", a-t-elle souligné.
"Mais qu'est ce que c'est que cette société qui jette à la rue des salariés qui font un travail qui correspond à un besoin de l'économie française?", a-t-elle lancé.
"La façon dont on pourra sécuriser, apaiser les relations, respecter chacun dans ce qu'il est, c'est cela aussi qui nous fera construire tous ensemble une France forte et fière d'elle-même", a conclu Mme Royal, sous les applaudissements de sympathisants réunis à la mairie du Creusot.

19/08/06

Ségolène Royal : "réhabiliter la valeur travail"

LE CREUSOT, 19 août 2006 (AFP) - Il faut "réhabiliter la valeur travail", a réaffirmé samedi au Creusot (Saône et Loire) Ségolène Royal, candidate probable à l'investiture socialiste à la présidentielle.
"La gauche a la responsabilité de réhabiliter la valeur travail, parce que la droite la détruit", a-t-elle souligné devant quelque 200 sympathisants, réunis par le maire et ancien ministre André Billardon qui lui a offert son soutien.
Mme Royal a évoqué le "gâchis insupportable" des licenciements en masse. "Lorsque l'on fait de la précarité, on détruit la valeur travail, lorsque l'on jette dans la rue des jeunes qui réclament le respect pour leur premier emploi, qui refusent le licenciement sans cause, on détruit la valeur travail", a-t-elle lancé.
"Lorsqu'on entend un ministre des Finances dire que pour résoudre le problème du pouvoir d'achat, il faut faire des heures supplémentaires, on détruit la valeur travail, parce que ça veut dire que dans la durée légale du travail on n'a plus le droit de gagner ce qu'il faut pour faire vivre dignement sa famille", a-t-elle ajouté.
"Ce sont des salariés bien payés, bien sécurisés sur leur contrat de travail qui sont des salariés motivés et donc qui fondent l'efficacité de l'économie", a-t-elle affirmé, accusant la droite de croire que c'est "avec la précarité et la loi sauvage du marché" qu'on va la renforcer. Selon elle, "c'est tout le contraire qui se passe".
Dans cette ville durement touchée dont le premier employeur est Arcelor, elle a fait valoir qu'il n'y avait "pas de fatalité à la désindustrialisation", insistant sur la nécessité d'investir dans la formation professionnelle, et faisant valoir que le rôle d'un gouvernant de haut niveau était d'"anticiper les mutations". "Ce qui est possible, a-t-elle dit, si le dialogue social est de qualité".


20/08/06
Le programme de Ségolène (Points principaux)

FRANGY EN BRESSE (Saône-et-Loire), 20 août 2006 (AFP) - Voici les principaux points du discours-programme prononcé dimanche par Ségolène Royal lors de la Fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse, discours qu'elle a voulu "de cohérence et d'identité politique".

PRESIDENTIELLE
La bataille sera rude. Je lance ici à Frangy un appel au rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui veulent que ça change et que la France se redresse. Avec vous, j'ai confiance. (...) Nous avons envie de voir en 2007 la France se relever et concrétiser ce désir d'avenir et de changement que je vois monter dans le pays.

LES SOCIALISTES
Pour mener la bataille de l'avenir, nous avons le devoir d'assurer l'unité des socialistes dans le respect de cette diversité et le rassemblement de la gauche. Les socialistes semblent souvent rechigner à faire bloc mais finissent, eux, toujours par serrer les rangs. C'est pourquoi il faut prendre avec philosophie les débats qui nous animent. (...) Nous savons que pour convaincre et entraîner les Français, nous devons commencer par regrouper nos forces.

L'HERITAGE DE MITTERRAND
Je revendique cette ligne mitterrandienne et j'en suis fière. (...)
Comme souvent, les paroles de François Mitterrand allaient droit à l'essentiel. Nous pouvons retenir:
- le devoir d'unité: sans elle, rien n'est possible
- le courage requis pour une cause qui nous dépasse
- la nécessité de mener des révolutions au sens de changements profonds pour que la justice l'emporte sur les égoïsmes et les routines

LA POLITIQUE D'IMMIGRATION DE NICOLAS SARKOZY
Voyez ce qu'organise le ministre de l'Intérieur, l'immigration choisie, mais qu'est ce que cela veut dire ? On irait piller la matière grise de ces pays après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières en tant que pays colonisé ? Mais c'est insupportable. (...) Nous avons dans notre propre intérêt à favoriser le co-développement.

RELATIONS SOCIALES
Les Français ne sont pas fâchés avec la valeur travail mais profondément insatisfaits des conditions dans lesquelles ils travaillent. (...) La France doit sortir de l'archaïsme de ses relations sociales. J'ai vu, en Suède, un autre état d'esprit et des pratiques bien différentes, grâce à un syndicalisme de masse.

EUROPE
Notre horizon, c'est l'Europe sociale, l'Europe politique, et l'Europe de l'environnement. Il n'est évidemment pas question, pour les socialistes, de proposer à nouveau la ratification d'un traité constitutionnel que le peuple français a rejeté. Notre projet prévoit de proposer l'élaboration d'un texte court, visant à mieux organiser, démocratiser et responsabiliser les instances européennes. (...) Une fois négocié, il devrait être soumis à un référendum populaire. (...) Je vois deux chantiers majeurs pour cette Europe par la preuve: l'environnement et la recherche

LA POLITIQUE AMERICAINE
Les guerres préventives aggravent plus les problèmes qu'elles prétendent traiter. Il n'y a plus que Bush pour penser que le monde est plus sûr depuis l'occupation de l'Irak. Et le conflit au Liban vient de confirmer l'expérience de l'impuissance de la force. (...) Dans ce monde là, ni la peur ni le simplisme telle la théorie de l'Axe du mal ne sont bons conseillers.

LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA FRANCE
Dans ce monde-là, la France n'a pas le droit de jouer un rôle effacé, d'abord parce qu'elle est membre du Conseil de sécurité et parce que sa géographie et son histoire la mettent au contact de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient, d'où viennent certes des menaces, mais aussi de solides amitiés. (...)
Le classement international place la France au 18ème rang sur 21 pays en matière d'aide au développement. Cela nous fait honte. Non seulement l'aide que nous apportons aux pays pauvres est parmi les plus faibles, mais elle va à des pays peu démocratiques. (...) La France est qualifiée de particulièrement performante pour la vente d'armes aux dictatures.

20/08/06
Ségolène et les Etats-Unis

FRANGY-EN-BRESSE (Saône-et-Loire), 20 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal a dénoncé dimanche le "simplisme" de la théorie de l'"axe du mal" défendu par le président américain George Bush, et estimé que les "guerres préventives aggravent les problèmes".
"Les guerres préventives aggravent les problèmes plus qu'elles ne prétendent les traiter, il n'y a plus que George Bush pour penser que le monde est plus sûr depuis l'occupation de l'IraK", a-t-elle dit dans un discours-programme à l'adresse de quelques milliers de militants socialistes.
"Dans ce monde là, ni le simplisme, telle la théorie de l'axe du mal, ni la peur, ne sont de bons conseillers", a ajouté Mme Royal, probable candidate à l'investiture PS à la présidentielle.
"Le conflit au Liban vient de confirmer l'expérience de l'impuissance de la force", a-t-elle ajouté.
"Dans ce monde-là, la France n'a pas le droit de jouer un rôle effacé, d'abord parce qu'elle est membre du Conseil de sécurité et parce que sa géographie et son histoire la mettent au contact de l'Afrique, de l'Asie et du Moyen-Orient, d'où viennent certes des menaces, mais aussi de solides amitiés", a-t-elle estimé.
"Ne nous résignons pas à une certaine impuissance de l'Europe, qui loin de renforcer la France, l'affaiblit. Assumons notre part de responsabilité", a-t-elle lancé.
"Le premier facteur de destabilsation du monde c'est la misère, ce sont les écarts qui se creusent, c'est l'humiliation de ceux qui sont bafoués et qui poussent à la violence ou qui permettent toutes les manipulations sur ces esprits humiliés", a encore affirmé Mme Royal.

20/08/06
Ségolène et l'immigration choisie insupportable

FRANGY EN BRESSE (Saône-et-Loire), 20 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal a dénoncé dimanche comme "insupportable" la politique d'immigration choisie du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, lors d'un discours-programme lors de la Fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire).
"Voyez ce qu'organise le ministre de l'intérieur, l'immigration choisie, mais qu'est ce que cela veut dire ? On irait piller la matière grise de ces pays après avoir pillé pendant des années et des années leurs matières premières en tant que pays colonisé ? Mais c'est insupportable", a-t-elle lancé.
"Nous avons dans notre propre intérêt à favoriser le co-développement", a-t-elle ajouté.

20/08/06
Ségolène Royal préconise "un syndicalisme de masse"

FRANGY EN BRESSE (Saône-et-Loire), 20 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal a préconisé dimanche l'avènement "d'un syndicalisme de masse", affirmant que la France doit sortir de "l'archaïsme des relations sociales", dans un discours-programme prononcé lors de la Fête de la rose, à Frangy-en-Bresse (Saône et Loire).
"Il faut créer un syndicalisme de masse", accroître le taux de syndicalisation, pour une meilleure défense des salariés, a déclaré la députée socialiste des Deux Sèvres.
"Le rapport de force (entre patronat et salariés) est inégal", a déclaré la probable candidate à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007, devant plusieurs milliers de personnes.
"La France doit sortir de l'archaïsme des relations sociales", a-t-elle dit, citant l'exemple de la social-démocratie suédoise.

20/08/06
Ségolène Royal s'inscrit dans "la lignée mitterrandienne"

FRANGY EN BRESSE (Saône-et-Loire), 20 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal s'est clairement inscrite à gauche et dans la droite ligne de François Mitterrand, dans un discours-programme prononcé lors de la Fête de la rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), discours qu'elle a voulu "de cohérence et d'identité politique".
"Deux visions de la France et deux conceptions opposées de l'exercice du pouvoir, tel sera dans huit mois l'enjeu de l'élection présidentielle", a-t-elle lancé devant plusieurs milliers de militants réunis sur une pelouse.
"Les ravages sociaux et le gâchis humain qui en résultent sont le produit de la brutalité de la droite, de son inertie et de la confiscation du pouvoir contre lesquels nous nous apprêtons à mener une bataille décisive", a-t-elle ajouté.
Elle a fait longuement référence à François Mitterrand, "dans cette Bourgogne qu'il aimait tant", revendiquant "la lignée mitterrandienne".
Citant une de ses dernières déclarations, en 1993, elle a fait la liste des valeurs qu'il défendait : "le devoir d'unité", "le courage", la nécessité de changements profonds". "C'est ainsi que je conçois l'exercice de la responsabilité politique et le rôle d'un chef de l'Etat", a-t-elle dit.

24/08/06
« Ségolène Royal est dans la tradition de Jaurès et de Blum »

Entretien avec René Rémond

Le Point : Que Ségolène Royal se réfère à l'« ordre juste », expression tirée de saint Thomas d'Aquin et reprise dans une encyclique par Benoît XVI : coïncidence ou ancrage spirituel ?

René Rémond : Difficile de découvrir ses motivations profondes. On ne connaît guère son itinéraire intellectuel. Son positionnement est assez singulier : elle défend les valeurs familiales, mais refuse le mariage bourgeois. Certaines de ses affirmations rejoignent certaines orientations du catholicisme social : il n'y a d'ordre valable que s'il est juste. Mais de là à en faire une thomiste... On s'abstiendra de la récupérer. Si elle a été imprégnée de catholicisme par son éducation familiale, y a-t-il eu par elle appropriation de ces valeurs ? François Hollande fut, il est vrai, proche de Jacques Delors. Mais on ne peut pas situer sa compagne dans la galaxie de la deuxième gauche chrétienne.

Ségolène Royal ferait-elle alors du saint Thomas d'Aquin sans le savoir ?

Elle se situe, à mon avis, tout autant dans l'héritage de la IIIe République que dans une tradition spirituelle. Les valeurs qu'elle préconise ne sont pas seulement chrétiennes mais largement partagées : « éducation du respect », goût de l'effort, amour du travail, appel à la discipline. Les anticléricaux d'avant-hier défendaient ces mêmes valeurs, et ils auraient été offusqués qu'on y voie une influence religieuse. Si droite et gauche s'opposaient sur la religion, la morale les rapprochait. On a oublié que l'école publique enseignait « la morale de nos pères ». Il a longtemps existé une tradition moralisatrice de la gauche, en particulier contre l'individualisme de droite. Il faut se rappeler à quel point le Parti communiste fut puritain !

Ségolène Royal s'inscrit dans cette tradition puritaine de gauche ?

Il y a chez elle - est-ce conscient, délibéré ? - une volonté de réconcilier la gauche avec des valeurs que celle-ci n'excluait pas autrefois et qu'elle a laissées partir à droite... Pour tout un courant à gauche, la politique devait être l'application d'une morale. Jaurès, Blum et nombre de prophètes du socialisme s'inspiraient de préoccupations éthiques. Il y avait un large consensus sur les vertus privées, la subordination des intérêts particuliers à des causes altruistes. Le contexte aujourd'hui est tout autre : les aspirations individuelles sont le test de la modernité. Depuis les années 60, tantôt par conviction, tantôt par calcul, la gauche s'est convertie à l'idéologie libertaire, majoritaire aujourd'hui. Ségolène s'inscrit à contre-courant de cette évolution et - ce qui est inattendu - elle rencontre une partie de l'opinion.

Comment ?

Sa candidature est moins politique que sociale. Elle fait le diagnostic que nous vivons plus une crise de société qu'une crise institutionnelle. C'est pourquoi elle met l'accent sur l'éducation morale, axe son discours contre l'incivilité : l'objectif est plus large que la sécurité des personnes et des biens... Ségolène Royal parle d' « ordre juste » dans cette perspective. A la question de Goethe sur le choix entre l'ordre et la justice, elle répondrait sans doute qu'il n'y a pas à choisir entre l'un et l'autre

25/08/06
« 2007, l'élection cyberprésidentielle ? », Libération
Extraits de la chronique « Médiatiques » de Daniel Schneidermann

« Manifestement rentrée de vacances avant tout le monde, la chaîne d'information continue LCI diffusait en direct le discours de Ségolène Royal à la fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, désormais lieu fondateur du montebourgeo-ségolisme. Après un début poussif, l'oratrice décolla sur l'Europe. Elle, ancienne électrice du oui, comment accueillait-elle le soutien du « nonien » Montebourg ? A la Royal, c'est-à-dire sans trouble existentiel excessif, sembla-t-il. La construction européenne convaincra, expliqua Royal, si elle démontre son utilité. Par exemple dans le domaine de l'environnement, ou de la santé. Et la (vraisemblable) candidate d'insister longuement, et non sans lyrisme, sur le non-respect par l'Europe des normes de Kyoto pour l'émission de gaz à effet de serre, les risques de guerre pour l'accès à l'eau dans le demi-siècle à venir, ou les mauvaises statistiques du cancer du sein.

Le soir venu, on écoute les JT, et comme d'habitude, on a l'impression de ne pas voir le même événement. Images de bousculade (grandement provoquée par les journalistes eux-mêmes), considérations d'une haute perspicacité sur « l'avance » prise par Royal sur ses concurrents. Et sur le fond ? Sur le fond, les JT ont retenu que Royal a appelé à l'unité des socialistes, et a fait référence à Mitterrand. Sur l'environnement, pas un mot. Sur le réchauffement, pas un mot. Sur les guerres pour l'eau, pas un mot.

Il ne faut pas chercher ailleurs que dans cet aveuglement des médias audiovisuels les raisons du malentendu qui risque de marquer l'élection à venir, comme les précédentes. Si Ségolène Royal est si populaire, c'est parce qu'elle n'hésite pas à inclure le cancer du sein dans les problèmes dignes d'être évoqués dans une campagne présidentielle. Que les journalistes politiques traitent son discours selon leurs critères habituels (privilégiant les man½uvres politiciennes) contribue à entretenir un débat politique à deux étages : celui des grands médias, irréel et décroché de la réalité, et l'autre.

Certes, les passages retenus par les télés, incontestablement, ont été prononcés. Des appels un peu creux à l'unité socialiste, une insistante référence à Mitterrand, l'absence assourdissante de toute allusion à Jospin : l'intervention contenait sa dose réglementaire d'habilités tactiques et de friandises à destination
du « milieu ». Mais quelle étrangeté de voir les médias de masse ne retenir que les citations à consommation interne à la galaxie socialiste, et passer sous silence celles qui intéresseraient tout un chacun. D'autant que les possibilités d'accès à l'information exhaustive se multiplient. D'abord grâce aux chaînes d'info continue. Et, au-delà, évidemment, grâce au Web, aux ressources inépuisables.

Ce débat sur le réchauffement, sur ses causes, sur les remèdes possibles, puisque les médias installés le refusent aux citoyens, se tiendra donc ailleurs, dans un espace non soumis à la temporalité médiatique. Cet été, dans une tribune au Monde sur « les vraies causes de la canicule », Ségolène Royal a mis en accusation le gouvernement français, qui vient d'augmenter, dans ses propositions pour 2008-2012, les quotas d'émission de CO2 autorisés aux entreprises. Accusation fondée ou non ? Le lecteur, ou l'internaute, n'en sait rien. Cet article, publié au creux de l'été, a été peu repris. Et sans doute ces sujets ardus attireront-ils moins les limiers des médias que les béquilles et les crocs-en-jambe entre prétendants socialistes. Mais peu importe. En quelques clics, il est disponible sur l'Internet. Et on peut parier que ce débat se prolongera plutôt sur le Web qu'au journal de 20 heures (...).

Moralité : le contre-pouvoir fonctionne à plein, qui répare les omissions et rectifie les mensonges. Le référendum de 2005 avait montré l'impact de l'Internet. 2007 est bien partie pour être une confirmation ».

25/08/06

Ségolène Royal préférerait un "rassemblement" des candidatures PS

PARIS, 25 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal s'est prononcée vendredi sur France Inter pour un "rassemblement" des candidatures à l'investiture socialiste pour la présidentielle, avant le vote des militants du parti.
"C'est préférable qu'il y ait un rassemblement, si ce rassemblement peut se faire, il faudra le faire. Sinon ce sont les militants qui décideront", a-t-elle déclaré en direct depuis la Rochelle, où s'ouvre vendredi l'université d'été du PS.
"Tout le monde est légitime à présenter sa candidature" a-t-elle cependant précisé indiquant que l'appel du numéro 2 du PS et partisan de sa candidature François Rebsamen au retrait des candidatures de Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, relevait de "sa liberté de parole".
"C'est une des grandeurs du PS que de pouvoir organiser un débat en son sein, ce qu'il faut c'est que les arguments échangés restent dignes et respectueux" a-t-elle dit.
Tout au long de l'émission au cours de laquelle elle a été interrogée par des auditeurs elle a insisté sur le fait qu'elle "s'abstient de toute attaque personnelle contre qui que ce soit" et qu'elle "ne critique aucun socialiste car cela rend les socialistes malheureux".
A ceux qui l'accusent de ne pas proposer de mesures précises elle a opposé le projet socialiste pour la présidentielle.
"Les choses précises nous les avons, nous avons le programme du Parti socialiste", a-t-elle assuré jugeant important de "définir les valeurs". Elle également souligné que "les choses se préciseront durant la campagne présidentielle" rappelant qu'elle n'avait pas commencée.
"Les mesures concrètes c'est celles de tous les jours" a-t-elle aussi dit mettant en avant ses réalisations de présidente de la région Poitou-Charente comme "la gratuité des livres scolaires" et "le TER à un euro".

25/08/06
Ségolène Royal en désaccord avec Laurent Fabius sur l'augmentation du Smic

PARIS, 25 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal a exprimé vendredi son désaccord avec Laurent Fabius sur la question du Smic, estimant que le problème des bas salaire devait être posé de manière "globale" et ne pouvait se régler "par une seule mesure".
M. Fabius a annoncé mardi qu'il augmenterait le Smic de 100 euros s'il était élu président.
"Les Français savent qu'on ne règle pas cette question là par une seule mesure et par un seul chèque, c'est la question globale des bas salaires qu'il faut poser", a répliqué Mme Royal sur France Inter en direct depuis La Rochelle où s'ouvre l'université d'été du PS.
Rappelant au passage que le projet socialiste prévoyait l'augmentation du Smic, elle a évoqué "ceux qui gagnent juste au dessus du Smic et qui disent et nous est-ce que nous aurons les 100 euros?". Elle a insisté sur le fait qu'"un salarié sur deux gagne moins qu'un Smic et demi".
Elle a également reproché sans le citer à Laurent Fabius de "couper l'herbe sous le pied" des syndicats.
"La position du PS c'est de convoquer une conférence salariale du pouvoir d'achat pour que les organisations syndicales jouent tout leur rôle" a insisté Mme Royal.
"Si l'on commence par décider unilatéralement ce qu'il faut faire ou ne pas faire, vous coupez l'herbe sous le pied aux organisations syndicale et elles ne réussiront pas à prendre toute leur place dans la société française", a-t-elle asséné.
Pour elle, "les questions du pouvoir d'achat et de la précarité doivent être réglées par une modification du rapport de force entre les salariés et le patronat avec la garantie de l'Etat".

25/08/06

Ségolène Royal dresse un bilan flatteur des régions socialistes

LA ROCHELLE, 24 août 2006 (AFP) - A la veille de l'université d'été du PS à La Rochelle, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, a présenté jeudi un bilan flatteur des réalisations des régions dirigées par les socialistes, affirmant que "la France des régions a des résultats".
Entourée de la majorité des 21 présidents de régions socialistes (six s'étant faits représenter) - parmi lesquels plusieurs se sont ralliés à sa candidature -, Mme Royal a présenté, lors d'une conférence très médiatisée, les réalisations des régions socialistes, en particulier en matière d'éducation avec notamment la distribution de livres gratuits aux enfants.
"Parole donnée, parole tenue", il s'agit là d'"une autre manière de faire de la politique", a souligné Mme Royal, seule présidentiable PS à diriger une région.
Elle a stigmatsié le gouvernement qui à la fois refuse les "transferts de compétence" aux régions et n'attribue pas "les ressources nécessaires" pour les compétences qu'il reconnaît.
"Les territoires sont maltraités, c'est insupportable", s'est-elle indigné en soulignant que les présidents de régions socialistes ne vont pas accepter en l'état les contrats de région mais "sont ouverts à la négociation" avec le gouvernement sur ce sujet.
Abondant dans son sens, Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l'Association des régions de France, a affirmé qu'"il n'est pas possible de signer ces contrats" qui diminuent notamment les efforts en matière de recherche selon lui. "Il faut que le gouvernement bouge", a-t-il dit.

25/08/06
Immigration: Ségolène Royal (PS) pour la création d'un visa saisonnier

PARIS, 25 août 2006 (AFP) - Ségolène Royal s'est prononcée vendredi en matière d'immigration pour la création d'un "visa saisonnier" et pour la régularisation "au cas par cas" des immigrés clandestins.
"Il est temps dans notre pays de créer un visa saisonnier" a déclaré sur France Inter la candidate à l'investiture socialiste pour les élections présidentielles.
"Il y a beaucoup d'étrangers qui viennent travailler (...) qui restent ensuite sur le territoire français parce qu'il n'y a pas de visa durable saisonnier, voilà un problème qui peut être rapidement réglé", a-t-elle précisé.
Soulignant que "l'économie française en a besoin" elle a souhaité "accueillir humainement et correctement" ces travailleurs".
Interrogée sur les immigrés clandestins, elle a jugé que leur présence "par centaines de milliers" est "le résultat direct de la politique de Nicolas Sarkozy". Elle a prôné une régularisation "au cas-par-cas" et la "décentralisation" de cette question.
"Nous ne pouvons pas pour des raisons de responsabilité annoncer aveuglément des régularisations massives (...) nous devrons régler les problèmes au cas par cas en fonction sans doute des besoins des territoires", a-t-elle indiqué.
"Je suis favorable à une décentralisation de cette question", a souligné la présidente de la région Poitou-Charente.
Elle s'est cependant engagée à ce que les enfants sans-papiers poursuivent leur scolarité: "les enfants qui sont à l'école doivent pouvoir continuer à rester à l'école".
"La responsabilité gouvernementale doit toujours écarter les solutions schématiques qui pourraient être mal interprétées, nous aurons un gros problème de régularisation parce qu'il va falloir réparer les dégâts de la politique de Sarkozy et nous le ferons dans un double respect des personnes et le souci de leur intégration" a-t-elle ajouté.
Elle a enfin plaidé pour une politique de co-développement avec les pays d'émigration indiquant qu'elle allait se rendre au Sénégal prochainement. Mme Royal participera le 25 septembre dans ce pays à une conférence sur ce sujet.
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# Posté le samedi 09 septembre 2006 18:14

Modifié le mardi 12 septembre 2006 06:24

Absence du blog

Absence du blog
Chers bloggeurs,

Vous avez constaté une absence de news sur le blog...

En effet, nous avons souhaité réduire le nombre d'articles afin de vous montrer l'essentiel de Ségolène Royal !

Pour commencer cette nouvelle optique d'avenir dans la nouvelle campagne... voici un article motivant pour Ségolène...

Royal toujours loin devant lefigaro.fr (avec AFP). Publié le 09 septembre 2006
Actualisé le 09 septembre 2006 : 20h47
(AFP / J.P Clatot)

Pour Ségolène Royal, sondages dominicaux riment avec statu-quo. Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche*, plus d'un sympathisant du PS sur deux (51%) souhaite que la présidente de la région Poitou-Charentes représente le parti à la présidentielle de 2007, soit une très légère progression par rapport au mois de juin (+1).

Lionel Jospin arrive en deuxième position mais l'ancien premier ministre se place toujours loin derrière Mme Royal (15 %, +1).

Viennent ensuite Dominique Strauss-Kahn (10%, +2, Jack Lang (7%, -2), Bernard Kouchner (5%, -1) et Martine Aubry (4%, +1). Laurent Fabius et François Hollande restent stables à 3%.

Une autre enquête, rélaisé par l'institut CSA pour Le Parisien et I-télé**, révèle que 51% des Français estiment que les hommes politiques, «lorsqu'ils parlent de Ségolène Royal», ont une attitude «agressive» vis-à-vis d'elle, «parce que c'est une femme». A l'inverse, 43% jugent que les hommes politiques «ont une attitude semblable à celle qu'ils ont vis-à-vis de tous les leaders politiques». Les hommes (53%) sont plus nombreux que les femmes (48%) à penser que les hommes politiques se montrent «agressifs» avec la responsable socialiste.


*Sondage réalisé par téléphone du 31 août au 8 septembre, sur un échantillon de 621 sympathisants du parti socialiste, extrait de deux échantillons de 1.911 personnes, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

**Sondage réalisé par téléphone les 6 et 7 septembre auprès d'un échantillon national de 1.004 personnes âgées de 15 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.
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# Posté le samedi 09 septembre 2006 17:33