Projet du Parti socialiste pour 2007 : pour un ancrage à gauche (Idées de Ségolène bien accueillies...)

Projet du Parti socialiste pour 2007 : pour un ancrage à gauche (Idées de Ségolène bien accueillies...)
Il aura fallu plus de dix heures de négociations, mais finalement, à 1 h 30 exactement, mercredi, aux premières heures du jour, le Bureau national du PS a voté à l'unanimité son projet pour 2007. Intitulé « Réussir ensemble le changement », il sera soumis au vote des quelques 200 000 militants le 22 juin.

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Selon François Hollande, le texte souligne avec force l'ancrage à gauche des socialistes et entend « répondre à l'urgence sociale » née de la crise économique du pays. Selon les participants, la réunion, rue de Solférino, s'est faite dans un « bon état d'esprit », « un excellent climat », « une ambiance plutôt détendue ». Les présidentiables, pendant tout ou partie de la soirée, étaient tous là : Ségolène Royal, Laurent Fabius, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, sans oublier le Premier secrétaire, François Hollande.

« Réussir ensemble le changement » souligne que les socialistes veulent « agir à gauche » et que leur stratégie est le « rassemblement de la gauche ». Son ambition : « transformer la société » face à « la domination de la finance mondiale ».

Selon François Hollande, les points forts du projet sont : le Smic à 1 500 euros d'ici 2012, un « bouclier logement » pour les plus démunis, une « couverture professionnelle universelle » et l'avènement d'une « République parlementaire ».
Pour mettre un terme à l'irresponsabilité politique du chef de l'Etat, le projet prévoit une procédure d'« impeachment », c'est-à-dire de destitution du président de la République en cas de « faute politique lourde », selon le Premier secrétaire.

« Tout sera chiffré, tout sera tenu », a-t-il assuré encore. Il a souligné que ce projet « engagera tous les candidats » : « Ce n'est pas un projet sur lequel on pourra prendre sa liberté, ses distances. » Une façon de mettre un terme à la différence que s'efforce de cultiver chacun des prétendants socialistes à l'Elysée. « On a levé une grande part de la confusion née du jeu en solistes de nos présidentiables », s'est félicité Benoît Hamon, dirigeant du courant Nouveau Parti socialiste.

Principales pommes de discorde : « l'encadrement à dimension militaire » pour les jeunes délinquants et la mise sous tutelle des allocations familiales versées à leurs parents, prônés par Ségolène Royal, qui a renoncé à présenter des amendements en ce sens devant le Bureau national. « L'aspect militaire a été totalement écarté », a souligné François Hollande. En revanche, sur la mise sous tutelle, le projet reprend une disposition législative déjà existante avant la loi Sarkozy.

Par ailleurs, « pas une voix ne s'est élevée contre l'extension des 35 heures » prévue dans l'avant-projet, a rapporté un proche de Martine Aubry, Yves Durand, dont le témoignage a été confirmé par d'autres participants. Ségolène Royal avait relevé la détérioration des conditions de travail de certains salariés causée par cette mesure, tout en défendant sa généralisation.

Laurent Fabius a estimé que ce projet « va permettre d'avancer ». Il s'est réjoui d'avoir « obtenu qu'il soit dit clairement que c'est autour du rassemblement de la gauche, et de rien d'autre », que les socialistes gouverneraient si leur candidat est élu en 2007. Dominique Strauss-Kahn s'est dit « satisfait » de voir ses amendements intégrés, notamment sur « le développement solidaire ».

Arnaud Montebourg a, quant à lui, émis un bémol à ce projet. « Je crois qu'il ne va pas assez loin pour répondre à la crise politique, par exemple aux problèmes considérables que pose cette mondialisation déréglée, notamment la folie du capitalisme financier dans lequel aujourd'hui nous sommes embarqués et qui est explosif », a-t-il déclaré.

Le projet va maintenant être débattu dans les sections par les militants, qui voteront le 22 juin, avant sa ratification le 1er juillet.
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# Posté le mercredi 07 juin 2006 14:54

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 17:39

Interview Ségolène ROYAL : retranscription...

Interview Ségolène ROYAL : retranscription...
C'était l'événement politique de ce mercredi matin sur RTL. La candidate à l'investiture socialiste pour 2007 a répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie et d'Alain Duhamel. La présidente de la région Poitou-Charentes a déclaré que le projet adopté la nuit précédente "sera le projet de tout candidat à l'élection présidentielle". Elle a affirme qu'elle se retirerait "devant tout candidat mieux placé qu'elle pour battre la droite" et que cela ne lui poserait "aucun problème", par exemple, de soutenir Lionel Jospin.



Jean-Michel Aphatie : Bonjour Ségolène Royal. Le Parti socialiste a adopté, mardi soir, son projet en vue de l'élection présidentielle de 2007. Les militants socialistes en débattront maintenant, et ils le voteront le 22 juin. Avez-vous à partir d'aujourd'hui, Ségolène Royal, conformer votre expression publique point par point à ce qui est contenu dans ce projet ou allez-vous conserver votre liberté de parole ?

Ségolène Royal : Alors d'abord, de quoi s'agit-il ? Il s'agit de préparer l'alternance. Les Français ont envie qu'une page se tourne. Ils voient que le pays est dans une grave crise morale, économique, sociale, que toutes les solidarités sont en train d'être délitées par ce gouvernement de Droite. Donc, ils ont envie de croire à nouveau dans l'avenir. La responsabilité des socialistes, d'abord c'est de se rassembler, c'est d'être capable ensuite de rassembler la Gauche, de gagner les prochaines échéances présidentielles et donc de rassembler aussi une Majorité dans ce pays, être à la fois crédibles dans ce qu'ils disent et en même temps d'incarner vraiment un changement ; et c'est ce que les Socialistes ont fait.

Jean Michel Apathie: Ce projet, Ségolène Royal, allez-vous vous y conformer ou allez-vous garder votre liberté de parole ?

Ségolène Royal : Mais le problème n'est pas un problème personnel...

Jean Michel Apathie : Ma question s'adresse à vous... Votre liberté de parole a beaucoup été entendue ces derniers jours. Allez-vous la conserver ?

Ségolène Royal : Oui, ma liberté de parole... Heureusement, ma liberté de parole, comme celle de tous les socialistes d'ailleurs, cette liberté de parole qui n'est pas terminée, puisque aujourd'hui le projet va retourner sur les territoires pour que les socialistes s'en emparent et continuent à améliorer ce projet. Bien évidemment, ce projet sera le projet de tout candidat à l'élection présidentielle. C'est évident. C'est pour cela qu'il a été fait. C'est l'aboutissement d'un long cheminement, des Etats Généraux, des savoir-faire des élus sur les territoires, de tous ceux qui ont pris la parole dans ce long cheminement. C'est un aboutissement. Mardi, il y a eu la commission du projet présidé avec doigté et talent par François Hollande.

Jean Michel Apathie : Il fallait le dire !... Voilà. Très bien.

Ségolène Royal : Je crois que c'est grâce à ça. Il fallait le dire parce que je pense que les choses, les travaux se sont très bien déroulés. Et bien évidemment, aujourd'hui, ce projet engage tous les socialistes...

Jean Michel Apathie : Y compris vous, on va regarder ça dans le détail avec Alain Duhamel.

Alain Duhamel : Vos propos à propos de la fermeté face à la délinquance ont fait beaucoup de bruit. Il y a une mesure phare que vous avez proposée qui était l'encadrement militaire d'actions humanitaires ou de formation professionnelle pour des adolescents primo-délinquants. Le projet ne le retient pas. Alors, est-ce que votre fameuse proposition vous la maintenez ou vous l'enterrez ?

Ségolène Royal : D'abord, je n'ai jamais proposé que les militaires interviennent dans des centres fermés...

Alain Duhamel : Non, je n'ai pas dit ça.

Ségolène Royal : Donc, ce qui était explicitement écarté, c'est que les militaires n'interviennent pas dans des centres fermés, c'est-à-dire des centres à l'américaine dont tout le monde connaît l'échec. Donc, le fait que les militaires soient écartés de centres fermés ne me gêne aucunement. Ce qui m'importe, c'est que tout le monde puisse se dire et tous les Jeunes puissent se dire dans ce pays, que les socialistes feront tout ce qui est en leur pouvoir, vous m'entendez monsieur Duhamel, tout ce qui est en leur pouvoir pour que les jeunes ne finissent pas en prison. Il y a aujourd'hui des générations sacrifiées. A la sortie de prison, deux jeunes sur trois récidivent, c'est-à-dire que quand on entre en prison on sort encore plus délinquant qu'avant.

Et la logique de la droite aujourd'hui, c'est quoi ? C'est de construire de plus en plus de places de prison. Eh bien, la politique et la politique à Gauche, c'est de se dire que ça, ça n'est pas une fatalité. Et pour empêcher, pour enrayer cette machine à fabriquer de la délinquance de masse que monsieur Sarkozy a créée puisque c'est quand même lui qui est aux responsabilités, et on voit que non seulement la délinquance augmente puisqu'il y a deux fois plus de voitures brûlées cette année que l'année dernière, que les atteintes aux personnes ont augmenté de 20%, eh bien ça, ça n'est pas une fatalité. Parce que ceux qui souffrent de l'insécurité sont les plus fragiles et les plus modestes et ceux qui sont dans les quartiers les plus difficiles. Alors, laissez-moi terminer sur cette question très importante...

Alain Duhamel : Très importante !

Ségolène Royal : Et donc, monsieur Duhamel, vous conviendrez avec moi que pour enrayer cette délinquance de masse, il faut intervenir le plus en amont possible, c'est-à-dire que les institutions fonctionnent bien là où elles sont, que la famille fonctionne bien, que les parents fonctionnent bien et lorsque les parents sont en difficulté, on les repère. Et à ce moment-là, on met les allocations familiales sous tutelle. Ca a été retenu...

Alain Duhamel : Et l'encadrement militaire ?

Ségolène Royal : Ca a été retenu par le projet socialiste, ça n'était pas au départ. C'est un élément que j'ai plaidé en expliquant bien que c'était différent de ce que fait la Droite puisque la Droite a supprimé les allocations familiales, c'est-à-dire elle enfonce les familles. La logique de la Gauche c'est pas d'enfoncer les gens, c'est de les retirer au bon moment vers le haut.

Alain Duhamel : Et en ce qui concerne l'encadrement militaire ?

Ségolène Royal : ...Et de les remettre dans le droit chemin. En ce qui concerne l'encadrement militaire.

Jean-Michel Aphatie : C'est une expression que vous avez employée la semaine dernière, Ségolène Royal...

Ségolène Royal : C'est une expression que j'emploie et que j'assume. Le Parti socialiste a écarté - je le répète - les centres fermés encadrés par des militaires. Ca n'est jamais ce que j'ai proposé. Le Parti socialiste propose les alternatives à la prison, c'est-à-dire que tout doit être fait pour trouver d'autres solutions. Le mot militaire n'y figure pas.

Jean-Michel Aphatie : Vous le regrettez ?

Ségolène Royal : Non.

Alain Duhamel : Renoncez-vous, ou pas, à l'idée ?

Ségolène Royal : Je crois que, si nous arrivons aux responsabilités, nous sommes dans une logique de la politique par la preuve, et que l'on doit tout essayer.

Alain Duhamel : Expérimenté.

Ségolène Royal : Et que les socialistes ne doivent pas rester enfermés dans des formules, ou avoir peur d'un certain nombre de symboles. Que les gens sont intelligents, et que les intelligences collectives, par rapport aux projets des territoires qui font leurs preuves, devront être mis en place. Donc, ce n'est pas la peine d'aller se focaliser sur un mot qui a peut-être surpris - parce que l'on sait à quoi est associé le mot "militaire" - Mais, je le redis ici, au nom de quoi, dans une république - évoluée quand même - les professions à uniforme : les militaires, les gendarmes, les pompiers, seraient considérés comme devant rester en marge d'un effort collectif de toute une société qui a envie de faire réussir ses jeunes.

C'est un chantier national majeur : c'est un chantier de tout premier plan. L'avenir que l'on réserve aux jeunes, et la façon dont on leur redonne une chance pour qu'ils ne tombent pas sur le bord du chemin. On les remet debout au bon moment et au bon endroit. Les internats scolaires ont été retenus. Le soutien individualisé à l'école - que j'avais proposé - a été retenu. Le renforcement des adultes dans les collèges, a été retenu.

Alain Duhamel : Donc, vous êtes contente.

Ségolène Royal : Donc, je suis contente.

Alain Duhamel : En un mot, cette fois-ci. Etes-vous favorable, ou pas, à l'idée d'abaisser l'âge de la majorité pénale pour les adolescents délinquants, cette fois-ci multirécidivistes ? Ceux que les policiers arrêtent le soir, et que l'on retrouve dans la rue le lendemain matin ?

Ségolène Royal : Je crois, monsieur Duhamel, qu'on en a assez de ces lois pénales qui changent tout le temps, qui déstabilisent la magistrature, cette magistrature qui ne sait plus où elle en est et qui a, d'abord, besoin de moyens pour fonctionner. Je pense que la révolution à accomplir, dans le domaine de la justice, est de donner des moyens de bien fonctionner aux tribunaux. Quand vous pensez qu'il y a des milliers de dossiers en attente concernant les mineurs. Que, lorsqu'un juge des enfants prononce une décision de placement d'un mineur, il faut attendre huit mois, neuf mois, parfois un an parce qu'il manque de place d'accueil, d'encadrement, dans des lieux éducatifs pour les mineurs.
Jean-Michel Aphatie : Donc, on ne touche pas à la majorité pénale.

Ségolène Royal : Donc, la grande misère de la justice des mineurs explique le dysfonctionnement judiciaire, et désespère les policiers. Parce que, quand les policiers font des interpellations et que, derrière, la machine judiciaire ne fonctionne pas, tout le monde est découragé.

Jean-Michel Aphatie : Donc, on ne touche pas à l'âge de la majorité pénale ?

Ségolène Royal : Non, on ne touche pas à l'âge de la majorité pénale, mais on remet à niveau le bon fonctionnement des services publics. Et d'ailleurs, je pense que l'une des pistes pour réformer le service public, c'est de pousser jusqu'au bout la décentralisation dans certains domaines. Et moi je suis favorable, par exemple, à la régionalisation de l'entretien et de la construction des prisons, de l'entretien et de la construction des tribunaux, uniquement dans les bâtiments. Car, ce que les régions ont réussi sur les lycées, elles peuvent très bien le réussir sur un certain nombre de services publics, à condition que l'Etat leur transfère les ressources fiscales nationales.


Jean-Michel Aphatie : Votre projet n'est pas chiffré, Ségolène Royal, pour l'instant. Il a été adopté, mardi. Il sera chiffré plus tard. Laurent Fabius disait qu'il réclamait des moyens importants. La formule vous convient-elle ? Il faut des moyens importants pour appliquer le projet que vous avez adopté ?

Ségolène Royal : Il faut les moyens nécessaires pour appliquer les décisions.

Jean-Michel Aphatie : Importants ?

Ségolène Royal : Importants, sans doute, oui.

Jean-Michel Aphatie : Laurent Fabius disait qu'il fallait revenir sur les 20 milliards d'exonération de charges dont les entreprises ont bénéficié depuis 2002.

Ségolène Royal : Il y a, dans le projet, la remise à plat des exonérations qui ne semblent pas justes, ou qui ne semblent pas efficaces sur le plan économique. Donc, il y aura les réformes fiscales, mais on ne va pas rentrer, ici, dans le détail du financement.

Jean-Michel Aphatie : Dans le détail, non. Mais les impôts et la fiscalité vont devoir augmenter pour financer votre projet ?

Ségolène Royal : Nous verrons, monsieur Aphatie.

Jean-Michel Aphatie : C'est oui ou c'est non ?

Ségolène Royal : Nous verrons puisque, ce qui a été décidé mardi, c'est que le processus de financement va commencer, à l'issue de l'adoption du projet. Et donc, toutes ces questions seront remises à plat.

Jean-Michel Aphatie : Que l'idée de la fiscalité doive augmenter ?

Ségolène Royal : Je n'entrerai pas, monsieur Aphatie, dans un certain...

Jean-Michel Aphatie : Pourquoi ?

Ségolène Royal : Parce que c'est la décision qui a été prise mardi.

Jean-Michel Aphatie : C'est difficile de dire que les impôts vont augmenter, Ségolène Royal, pour financer un projet ? C'est difficile à dire ?

Ségolène Royal : Non, monsieur Aphatie. Le problème n'est pas l'augmentation des impôts, c'est la clarification de l'impôt. Le prélèvement fiscal doit être, d'abord, compris par les citoyens. C'est un des objectifs de la réforme : il doit être transparent, il doit être juste, et il doit être efficace sur le plan économique.

Jean-Michel Aphatie : Mais, si au bout du chemin, il y a une augmentation d'impôts, il faut l'assumer !

Ségolène Royal : Et en plus, monsieur Aphatie, on ne jette pas, comme cela en pâture, le principe de l'augmentation d'impôt. Ce n'est pas comme cela qu'on prépare un projet de société : c'est un projet de société. Donc, l'impôt est au service d'un objectif. Il n'est pas abstrait : on l'augmente ou on baisse les impôts. Ce n'est pas un argument politique. La politique, c'est d'utiliser les outils au service des objectifs. Quels sont les objectifs dans ce projet ? C'est la lutte contre le chômage. C'est de diviser par deux le taux de chômage. C'est de revenir en-dessous des 5%.

Jean-Michel Aphatie : Quand chiffrerez-vous le projet ?

Ségolène Royal : Attendez ! Laissez-moi terminer ma phrase ! C'est de passer en-dessous du taux de chômage. D'autres pays européens y sont parvenus. Il n'y pas de raison que nous n'y parvenions pas. Et dans ces outils économiques, ou sociaux, pour parvenir à la baisse du chômage, il y a aussi l'outil de la fiscalité sur la question de l'environnement. Il y a l'outil de la fiscalité sur la question de la décentralisation, qui sera une réforme très importante à faire : transférer aux collectivités leurs moyens d'exercer leurs responsabilités, parce que c'est source d'économie. Il y a aussi la lutte contre les gaspillages. Et il y a enfin, en effet, l'impôt par rapport à l'efficacité économique, et l'impôt par rapport à la justice sociale.

Alain Duhamel : Alors, uniquement sur le principe, cette fois-ci, à propos des retraites. Il y a, à gauche, beaucoup de gens qui souhaiteraient que l'on revienne à 37 années et demi de cotisations. Il y en a d'autres, au Parti Socialiste, qui disent : "Il y a les 40 ans et on va voir comment on gère leur financement". Et puis, il y en a d'autres aussi qui redoutent d'être obligés d'élever progressivement - comme cela se fait dans beaucoup d'autres pays européens, y compris dirigés par la gauche - le nombre d'années de cotisations de retraite. Vous, comme ça - ce n'est pas une réponse technique que je vous demande - mais, sur le principe, comment évaluez-vous les choses ?

Ségolène Royal : D'abord, si la gauche revient aux responsabilités, elle fera moins de lois et davantage de concertations, de consultations et de négociations avec les organisations syndicales. Et, sur cette question-là, les organisations syndicales ont beaucoup travaillé. J'ai rencontré encore récemment Monsieur Chérèque sur la question des retraites. Il y a tout une approche fine. Je crois qu'il ne faut pas répondre de façon brutale et globale à cette question-là. Il y aura deux critères qui vont rentrer en ligne de compte, par rapport à la réforme de la loi qu'a fait la droite sur les retraites - qui, je le dis au passage - crée beaucoup d'inégalités. Et je suis intervenue, lors du débat à l'Assemblée Nationale, pour souligner, en particulier, les reculs en terme de protection des femmes.

Jean-Michel Aphatie : Des femmes, oui !

Ségolène Royal : Puisque l'allongement de la durée de cotisation pénalise très fortement les femmes qui ont des durées de vie, au travail, interrompues à cause de l'éducation des enfants - ou à cause du travail partiel forcé - ou les catégories moins qualifiées qui ont, en effet, des interruptions de vie au travail. Donc, il faudra traquer l'ensemble des inégalités et des injustices qui ont été créées par cette loi. J'ajoute qu'à la question des retraites pose, aussi, celle du pouvoir d'achat des petits retraités. Je suis parlementaire, et je vois, de plus en plus dans ma circonscription des petits retraités - qui vivent de la retraite issue de leur travail : je ne parle pas, même, des personnes âgées au minimum retraite - qui ne font plus qu'un repas par jour. Parce qu'avec l'augmentation du coût de l'énergie, donc, du chauffage, les petits retraités, pour pouvoir se chauffer, sont obligés de s'alimenter moins. Dans une société comme la France, quand on voit cette paupérisation des petits retraités, on se dit que le dispositif n'est pas juste. Et, enfin, sur la réforme des retraites, il faudra tenir compte, pour calculer la durée de cotisations, non pas d'imposer à tout le monde la même règle - parce que, si vous imposez à tout le monde la même règle, vous faites des injustices - c'est de tenir compte, premièrement, de la pénibilité des tâches. Et, deuxièmement, de l'espérance de vie. Et si on tient compte de ces deux critères, alors, on peut adapter intelligemment la question des durées de cotisations pour être juste. Mais ce travail se fera en négociation avec les organisations syndicales, parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, gouverner un pays moderne, aujourd'hui, c'est s'appuyer sur les intelligences collectives, sur les gens qui, tous les jours, sont au contact des problèmes, soit qu'ils vivent, soit sur lesquels ils réfléchissent. Les dirigeants n'ont pas la science infuse, mais s'ils prennent un peu de temps pour réfléchir et pour faire confiance à leurs interlocuteurs, alors, ils sont intelligents collectivement.


Jean-Michel Aphatie : Vous avez expliqué, Ségolène Royal, dans le deuxième chapitre de votre livre, que les 35 heures - la grande réforme du gouvernement Jospin - avaient abouti à une dégradation de la situation des plus fragiles. Et Daniel Vaillant et Jean Glavany, qui ont siégé avec vous dans le gouvernement de Lionel Jospin disent que, quand vous étiez au gouvernement, vous ne l'aviez jamais dit. Alors, pourquoi ne l'avez-vous jamais dit avant, Ségolène Royal ?

Ségolène Royal : Je pense que cette prise de conscience qu'au bas de l'échelle salariale, les salariés, les ouvriers, les employés, les femmes - en particulier, les moins qualifiées - ont durement été touchées par la réorganisation, dans certaines entreprises, qui a fait peser, sur ces salariés, lorsque le rapport de force syndical n'a pas permis de négocier correctement le passage aux 35 heures.

Jean-Michel Aphatie : Mais de quand date cette prise de conscience ?

Ségolène Royal : Elle date de la fameuse campagne des élections législatives.

Jean-Michel Aphatie : 2002 ?

Ségolène Royal : Oui. Où l'on a bien vu ce qui se passait.

Jean-Michel Aphatie : Et quand vous étiez au gouvernement, vous n'en n'aviez pas conscience ?

Ségolène Royal : Mais si, on en était conscient !

Jean-Michel Aphatie : Et vous ne le disiez pas ? Vous n'osiez pas le dire ?

Ségolène Royal : Si, je l'ai dit.

Jean-Michel Aphatie : Vous l'avez dit, vous. A Lionel Jospin ?

Ségolène Royal : Oui, je l'ai dit à Lionel Jospin. Pas sur cette partie-là, mais sur la partie de création des 35 heures dans les services publics et, notamment, dans les services publics hospitaliers, dans ceux de la petite enfance et dans ceux de l'accueil des personnes handicapées.

Jean-Michel Aphatie : Et il ne vous a pas entendue ?

Ségolène Royal : Si ! Puisque, suite à une réunion de ministres concernant le passage aux 35 heures dans les services publics, alors qu'aucun poste ne devait être créé en accompagnement des 35 heures - il devait simplement y avoir un gain d'organisation de productivité - suite à un débat, dont je vais vous donner le contenu, un certain nombre de création d'emplois a été décidé. Sauf que les créations d'emplois ont eu lieu en décalage avec la décision des 35 heures et, donc, cela a causé beaucoup de problèmes. Et je me souviens très bien avoir donné à Lionel Jospin - d'ailleurs, il a été convaincu - cet exemple très concret. Dans les structures d'accueil des personnes en situation de handicap, le passage aux 35 heures, qui n'avait pas été accompagné de création d'emplois - dans certaines structures privées, en particulier, où la réorganisation avait été faite de façon un peu brutale - il n'y avait plus de personnel, le week-end. Et donc, pendant tout le week-end, les personnes handicapées restaient dans leur fauteuil, équipé pour faire sous elles - je dis les choses telles que je les ai dites, au cours d'un conseil des ministres - et j'ai ajouté que ce n'était pas possible que l'on accepte des choses comme cela. Même chose pour les enfants : les structures d'accueil de la petite enfance. On renvoyait, le week-end, les enfants dans les familles maltraitantes parce qu'il n'y avait plus de personnel, le week-end. J'ai cité, en conseil des ministres, ces deux exemples. Et, à ce moment-là, le Premier ministre, Lionel Jospin a dit : "Elle a raison. Et nous allons donc créer des places dans les structures d'accueil social". En ce qui concerne la dégradation, au travail, des salariés sur les 35 heures. Pendant cette fameuse campagne des élections législatives - 2002 - où l'on a compris qu'il y avait, non seulement, une dégradation, pour certains d'entre eux, du niveau de salaire mais aussi des conditions de travail. J'y ai été confrontée parce que, dans ma circonscription, j'ai un abattoir. Et les salariés, les ouvriers sont venus me voir pour me dire que, depuis le passage aux 35 heures, on a augmenté de 50% le nombre d'animaux qui arrivent sur la chaîne - c'est-à-dire qu'au lieu d'abattre, par exemple, 100 porcs à l'heure, on en a 150 à abattre à l'heure. Quand on sort de notre travail, on est tellement épuisé que, quand on rentre chez soi, on n'a même plus la force d'embrasser nos enfants. Et, en plus les coupures interviennent en milieu de journée. C'est-à-dire que la récupération des horaires se faisait au hasard de la charge de travail, dans l'entreprise. Même chose pour les caissières dans les supermarchés.

Jean-Michel Aphatie : On va peut-être passer à une autre question.

Ségolène Royal : Non, Monsieur Aphatie. Ce que je voudrais vous dire, c'est qu'hier, au sein de la commission du projet, personne n'a contesté cela.

Jean-Michel Aphatie : Même Martine Aubry ne l'a pas contesté ?

Ségolène Royal : Même Martine Aubry ne l'a pas contesté. Et cela, je pense que c'est une bonne chose parce que, si l'on veut régler, en France, avec fermeté, les problèmes des gens qui souffrent, si l'on veut remettre un ordre juste, un ordre social juste, alors, il faut avoir le courage de regarder les problèmes en face. Et dire cela, ce n'est pas remettre en cause la totalité d'une réforme - car la réforme des 35 heures constitue en progrès social : diminuer le temps de travail pour avoir plus de temps à côté pour son loisir, pour sa famille, c'est un progrès. Mais il faut piloter les réformes. Rectifier les choses, ce n'est pas un constat d'échec.

Jean-Michel Aphatie : Il faut l'améliorer.

Ségolène Royal : Il faut améliorer la chose et continuer à les piloter en restant à l'écoute des gens.


Alain Duhamel : Au sein du Parti Socialiste - parmi les dirigeants, en tout cas - beaucoup vous reprochent de jouer personnel, et de diviser le parti. On l'a beaucoup entendu. Vous l'avez beaucoup entendu, ces jours-ci. Est-ce un reproche que vous assumez, un risque que vous prenez, ou quelque chose que vous trouvez injuste ?

Ségolène Royal : J'entends beaucoup de critiques, en effet, Monsieur Duhamel, parmi certains responsables - qui font beaucoup de bruit mais qui sont assez peu nombreux, au demeurant - alors qu'à la base, je ressens un très fort soutien. Donc, cherchez l'erreur, Monsieur Duhamel !

Jean-Michel Aphatie : Seriez-vous prête, s'il était candidat, à vous effacer devant Lionel Jospin ?

Ségolène Royal : Je suis parfaitement sereine par rapport à cette question.

Jean-Michel Aphatie : Donc, vous allez répondre sereinement !

Ségolène Royal : Je suis la seule qui dit tout le temps la même chose !

Jean-Michel Aphatie : Alors, si vous voulez bien la répéter, ce mercredi, sur RTL.

Alain Duhamel : Brièvement !

Ségolène Royal : Je la répète ! C'est celui, ou celle, qui sera le mieux placé pour battre la droite, qui sera le candidat des socialistes.

Jean-Michel Aphatie : Donc, si Lionel Jospin est candidat, que faites-vous ?

Ségolène Royal : S'il est le mieux placé pour battre la droite, je le soutiens. Cela ne me pose aucun problème !

Jean-Michel Aphatie : Alors, posons la question autrement, pour essayer d'avoir une réponse claire, pour nos auditeurs. Pouvez-vous dire, ce matin, Ségolène Royal, que vous irez jusqu'au bout dans votre rôle de militant, dans votre démarche ?

Ségolène Royal : J'irai jusqu'au bout, si je suis la mieux placée, monsieur Aphatie.

Jean-Michel Aphatie : Et donc, si Lionel Jospin est candidat, il est possible que vous vous retiriez ?

Ségolène Royal : Si Lionel Jospin est le mieux placé pour battre la droite - comme tout autre candidat - je le soutiendrai.

Jean-Michel Aphatie : Il est possible que vous vous retiriez devant Lionel Jospin, s'il est candidat ? C'est une possibilité ?

Ségolène Royal : Je me retirerai devant tout candidat mieux placé que moi.

Jean-Michel Aphatie : Ce n'est pas de la langue de bois ? C'est clair, comme cela ?

Ségolène Royal : C'est clair ! Mais je l'ai toujours dit. Je vais vous dire aussi quelque chose, par rapport à tout ce que j'entends. J'ai une relation de respect par rapport à Lionel Jospin. J'ai été ministre dans son gouvernement. J'ai été très heureuse dans son gouvernement : j'ai pu faire toutes les réformes que je voulais faire dans ce gouvernement. Et donc, je suis en respect par rapport à lui. Et je pense que, de toute façon, il aura un rôle éminent à jouer dans cette campagne : battre la droite. Il faudra que nous soyons tous rassemblés.

Jean-Michel Aphatie : Le voyez-vous ? Vous l'avez vu, récemment ?

Ségolène Royal : Cela ne vous regarde pas !

Jean-Michel Aphatie : C'était la question que je posais ! J'avais le droit de la poser !

Ségolène Royal : J'ai le droit de vous répondre que cela ne vous regarde pas.


Alain Duhamel : François Hollande, comme premier secrétaire du Parti Socialiste, avait fixé une règle qui était, en gros : jusqu'aux vacances, on s'occupe du projet et on ne mène pas de campagne présidentielle personnelle. Et puis, après les vacances, il y a un processus de désignation, et les différents candidats s'affrontent. Vous, vous avez été exceptionnellement active, présente et efficace.

Ségolène Royal : Grâce aux journalistes, d'ailleurs !

Alain Duhamel : En particulier, d'ailleurs. Grâce aux médias, etc. Le résultat est que la règle fixée par François Hollande n'a pas été respectée. Alors, n'avez-vous pas construit votre record de popularité sur un record d'indiscipline ?

Ségolène Royal : Je ne le crois pas. Je pense qu'une organisation a des règles. Que ces règles doivent être respectées, que je respecte les règles. La première règle à respecter, au sein d'une organisation, c'est justement le respect. Si, demain, on veut construire la république du respect, ce dont les gens ont envie, ce dont les jeunes ont envie - c'est le mot qui revient le plus dans les chansons de rap ou dans le slam : c'est le mot "respect". Et je crois qu'il est temps de construire cette république du respect par rapport au système de division qu'incarne la droite. Et donc, je crois qu'il faut se respecter les uns, les autres. Vous avez entendu, tout à l'heure, je suis sans doute une des rares responsables socialistes à ne jamais dire du mal d'autres socialistes. Et cette règle-là, je me l'impose. En revanche - en tant que responsable socialiste, que présidente de région, qu'animatrice d'un certain nombre de réunions - quand beaucoup de gens m'écrivent, à un moment, je me suis dit : "D'abord, il faut qu'il y ait un lieu où cette parole soit accueillie. Que je mette les gens en contact avec les autres pour qu'ils discutent". Je crois beaucoup à la démocratie participative, à l'intelligence collective - comme je l'ai dit, tout à l'heure. Et donc, je ne vais pas fermer mes oreilles en disant : "Les gens m'écrivent, ils veulent me dire des choses et je vais me taire !". Non. Je pense que ma responsabilité de femme politique est d'avoir un lieu - d'où le site "desirdavenir" - où les citoyens viennent se parler, les uns aux autres : ça leur appartient. Et je pense que toute cette intelligence qui arrive, cette joie de discuter, ces comités "desirdavenir" qui se mettent en place, partout, c'est formidable.

Jean-Michel Aphatie : Ségolène Royal - qui ne répond pas aux questions qui ne nous regardent pas - était l'invitée exceptionnelle de RTL, ce matin. Bonne journée !
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# Posté le mercredi 07 juin 2006 14:48

Ségolène Royal ... les prochains RDV...

Ségolène Royal ... les prochains RDV...
Prochains rendez-vous

France 3, Lundi 5 juin, 19h30 : Ségolène Royal sera l'invitée du 19/20, interviewée par Audrey Pulvar

RTL, mercredi 7 juin, de 7h30 à 8 heures : Ségolène Royal répondra aux questions de J ean-Michel Apathie et d'Alain Duhamel.

France Inter, vendredi 9 juin de 8h20 à 9h : Ségolène Royal sera l'invitée de "question directe" présentée par Pierre Weill.
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# Posté le lundi 05 juin 2006 14:48

Les Français approuvent les propositions de Ségolène Royal sur la Sécurité

Les Français approuvent les propositions de Ségolène Royal sur la Sécurité
Les Français approuvent les propositions de Ségolène Royal sur la Sécurité

2006-06-05

Selon le Nouvel obervateur, les Français approuveraient massivement les propositions de Ségolène Royal sur la sécurité. une majorité de Français approuve les propositions musclées de la socialiste Ségolène Royal pour la lutte contre la délinquance, mais ils lui font moins confiance (29%) qu'au président de l'UMP Nicolas Sarkozy (52%), selon un sondage Ipsos rendu public lundi 5 juin par Le Monde et La Chaîne parlementaire-Assemblée nationale (LCPAN).

La mesure qui rassemble le plus est celle du placement des collégiens perturbateurs dans des "internats-relais", sous la houlette de tuteurs: 78% des personnes interrogées y sont favorables, contre 20%.

Le placement des mineurs de plus de 16 ans coupables d'un premier acte de délinquance dans des "établissements à encadrement militaire pour apprendre un métier ou réaliser un projet humanitaire recueille 69% d'approbations (contre 28%).

80% des militants du Front national

Seule l'idée du placement sous tutelle provisoire des allocations familiales et d'un stage dans une "école de parents" pour les tuteurs légaux en cas d'incivilité d'un élève à l'école primaire trouve un accueil plus mitigé, avec 55% d'avis favorables (contre 42%), les sympathisants du Front National se déclarant pour à 81% tandis que ceux du Parti communiste et du PS sont partagés et ceux des Verts carrément contre à 60% (pour: 40%).

Si la majorité des Français semblent souscrire à ce durcissement du discours sécuritaire, la moitié (50%, contre 34%) jugent cependant que la candidate à la candidature socialiste pour l'élection présidentielle de 2007 s'éloigne ainsi des valeurs de la gauche. Les sympathisants de son bord (PC et PS) y voient, eux, une certaine cohérence avec leurs valeurs.

L'enquête a été réalisée vendredi et samedi auprès de 947 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, sélectionné selon la méthode des quotas.

# Posté le lundi 05 juin 2006 14:41

Ségolène Royal : biographie sans tabou (Source : Wikipédia)

Ségolène Royal : biographie sans tabou (Source : Wikipédia)
Ségolène Royal

Marie-Ségolène Royal, plus connue sous le nom de Ségolène Royal (née le 22 septembre 1953 à Dakar au Sénégal), est une femme politique française.

Membre du Parti socialiste, elle est présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes depuis avril 2004 et députée des Deux-Sèvres.

Biographie

Ségolène Royal, née le 22 septembre 1953 à Dakar au Sénégal. Elle est la fille de Jacques Royal, colonel d'artillerie, et de Hélène Dehaye, qui eurent huit enfants.

Elle est la compagne, depuis la fin des années 1970, de François Hollande, actuel premier secrétaire du Parti socialiste avec qui elle a eu quatre enfants.

Études

Elle effectue ses études secondaires à Charmes (Vosges) avant d'intégrer le lycée privé Saint-Joseph d'Épinal en 1968. Après le baccalauréat, elle obtient une licence de sciences économiques à l'Université de Nancy II puis est diplômée de Sciences-Po en 1978.

Elle intègre ensuite l'École nationale d'administration dont elle sort diplômée en 1980 (95e de la promotion Voltaire[1]) et choisit une affectation de magistrat au tribunal administratif.

En 1994, elle passe le concours d'avocat au barreau de Paris tout en siégeant à l'Assemblée nationale et au Conseil général des Deux-Sèvres, et entre au cabinet Teitgen.


Carrière politique

Conseillère de tribunal administratif en disponibilité, elle est remarquée par Jacques Attali, et devient de 1982 à 1988 conseillère technique au secrétariat général de la Présidence de la République, chargée d'abord de la jeunesse et des sports, puis des affaires sociales.

En 1983, elle souhaite s'implanter électoralement à Villers-sur-Mer (Calvados), commune de résidence de sa mère. Cependant, devant le refus du maire d'alors, si l'on en croit les propos de Micheline Vincent, elle s'éloigne de quelques kilomètres seulement et rejoint la liste d'Union de la gauche de Trouville-sur-Mer, menée par Gilbert Hurel (PS). La liste battue, elle devient conseillère municipale d'opposition. Elle démissionne de ce poste fin 1985.

En 1988, elle est « parachutée » par François Mitterrand dans les Deux-Sèvres, où, après une campagne vigoureuse, « expliquant aux paysans qu'elle allait leur donner des cours d'anglais dans les villages pour qu'ils puissent exporter leur chabichou », elle est élue députée de la 2e circonscription, celle de Saint-Maixent-l'École. Commentant son succès, elle déclare : « Pour un parachutage, l'atterrissage est réussi. »


Ministre de l'Environnement

Du 3 avril 1992 au 29 mars 1993, elle est ministre de l'Environnement du Gouvernement Bérégovoy. Durant son ministère, elle s'attache aux questions du traitement et du recyclage des déchets, des nuisances visuelles et sonores et aux problèmes liés à l'eau.

Elle instaure une loi sur le traitement et le recyclage des déchets (loi de juillet 1992), avec un soutien aux technologies innovantes pour le traitement et la collecte des déchets.

Contre les nuisances, elle instaure une loi de lutte contre le bruit (loi-cadre de décembre 1992) avec la prévention du bruit des transports, dans les bâtiments publics (les cantines scolaires par exemple), les lieux de travail, etc. Elle fait ensuite passer une loi sur la « reconquête des paysages » (loi de janvier 1993), suivie de la labellisation de cents paysages et de leurs produits (opération « Sauvons nos paysages, savourons leurs produits »).

Elle s'attache aux problèmes liés à l'eau en travaillant à l'application de la loi sur l'eau votée peu de temps avant sa prise de fonction, à l'initiative de son prédécesseur, Brice Lalonde. Conformément aux engagements, cela se traduit par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux, la création d'une Direction de l'eau, l'augmentation du budget des agences de l'eau et la réforme de la police des eaux (coordination internationale de la gestion de l'eau).


Ministre déléguée à l'Enseignement scolaire

Du 4 juin 1997 au 27 mars 2000, elle est ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin auprès du ministre de l'Éducation Nationale Claude Allègre. Elle abandonne son mandat de député qu'elle reconquiert en juin 2002.

Actions :

La relance des zones d'éducation prioritaire ;
La création de fonds sociaux pour les élèves (exemple : fond social pour les cantines scolaires des élèves) ;
La maîtrise des langages comme priorité à l'école maternelle ;
La rénovation de la pédagogie au collège avec notamment l'instauration des « itinéraires de découverte » ;
La création des heures de soutien scolaire ;
La création de la Semaine des parents à l'école et de campagnes nationales pour les élections des représentants de parents ;
L'aménagement du temps de l'enfant avec la création des contrats éducatifs locaux et l'éducation à la citoyenneté ;
La mise en œuvre des « Initiatives citoyennes » pour apprendre aux enfants à vivre ensemble ;
La défense des droits de l'enfant et lutte contre la violence à l'école (loi de juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs) ;
La loi de juin 1998 contre le bizutage ;
Les campagnes contre le racket et mise en place d'un numéro SOS Violences ;
L'instruction civique obligatoire au brevet des collèges ;
La création des classes et des premiers internats-relais ;
La revalorisation du rôle des infirmières scolaires ;
La mise à disposition de la pilule du lendemain, gratuite, dans les lycées.

Ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance

Du 27 mars 2000 au 27 mars 2001, elle est ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, brièvement Martine Aubry puis Elisabeth Guigou.

Ensuite, du 28 mars 2001 au 5 mai 2002, elle est ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Elisabeth Guigou.

C'est comme Ministre déléguée à la famille et à l'enfance dans le gouvernement Jospin qu'elle se fit ainsi connaitre du plus grand public : renforcement du soutien aux parents d'enfants handicapés, loi sur l'autorité parentale, création du congé paternité, soutien à l'adoption internationale, loi contre la pédopornographie, etc.

Actions :

Réforme de la loi sur l'autorité parentale :
Possibilité pour une famille monoparentale de déléguer l'autorité parentale à un tiers[2]. Cette loi permet, entre autre, à des couples homosexuelles d'assumer ensemble tout ou partie de l'autorité parentale. Toute délégation est cependant soumise à une décision de justice qui agit dans l'intérêt de l'enfant[3] ;
Création d'un livret de paternité qui souligne la place et le rôle du père tant sur des aspects juridiques que pratiques ;
Création du congé de paternité : le nouveau père peut ainsi prendre 11 jours de congé payé (18 jours en cas de naissances multiples) ;
Reconnaissance légale de la garde alternée de l'enfant, garde déjà actée dans la pratique
Protection des mineurs contre la prostitution : le recours à la prostitution ainsi que le proxénétisme à l'égard d'un mineur de 15 ans à 18 ans sont punis pénalement par la loi (Précédemment, il ne s'agissait que de peines indirectes) ;
Incrimination de la détention de documents pédopornographiques (le recel était déjà punissable).
La réforme de l'accouchement sous X : Création du Conseil national pour l'accès aux origines personnelles ;
Le soutien à l'adoption internationale : Facilitation et encadrement plus poussé de l'adoption d'un enfant étranger ;
Renforcement de l'accueil de la petite enfance : Mesures pour la formation des éducateurs et des assistants, création de 15000 à 20000 places en crèches ou halte-garderie sur un projet initial de 30 à 40 mille places ;
Harmonisation par le haut des aides au logement à travers la création d'un barème unique (correspondant à une aide supplémentaire de 6,5 millions de francs) ;
Le congé et allocation de présence parentale pour enfant malade ;
L'allocation d'éducation spéciale (parents d'enfants handicapés) ;
La lutte contre les violences en institution (renforcement du SNATEM) ;
La création du collectif « Enfance et média », contre la violence dans les médias ;
Le lancement d'une grande campagne télévisée de sensibilisation et de prévention des violences sexuelles ;
La rénovation des COTOREP (structures pour personnes handicapées) ;
Le développement du parc de logement adapté pour les personnes handicapées ;
La création du plan Handiscol pour la scolarisation et l'intégration des enfants et des adolescents handicapés à l'école ;
L'aménagement en matière de transport collectif et particulier pour les personnes handicapées ;
La création du label « tourisme et handicap ».

Présidente du conseil régional de Poitou-Charentes

En mars 2004, elle remporte la présidence de la région Poitou-Charentes face à son prédécesseur Élisabeth Morin.

En 2005, elle soutient, comme la majorité des militants du Parti socialiste et de nombreux partis socialistes/sociaux-démocrates européens, le Traité établissant une Constitution pour l'Europe.

Actions locales :

La reconnaissance du chabichou en AOC ;
La défense du marais poitevin et sa restauration dans le cadre des grands travaux ;
Les mesures agro-environnementales, avec notamment la plantation de 10 000 arbres dans le Marais ;
La défense des élevages de qualité comme la parthenaise (création du centre de référence au lycée agricole de Melle) et la maraîchine (création du conservatoire au Bourdet) ;
La création d'un fonds social régional (le 8 mars 2006) pour assurer la gratuité d'accès à la contraception pour les jeunes filles des lycées professionnels, établissements régionaux d'enseignement adapté et centres de formation des apprentis qui n'ont pas accès aux centres de planification et dont les familles ne peuvent supporter le coût des examens médicaux et de la pilule. [4]).

Mandats et fonctions

Fonctions ministérielles

3 avril 1992 au 29 mars 1993 : ministre de l'Environnement du Gouvernement Bérégovoy ;
4 juin 1997 au 27 mars 2000 : ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du Gouvernement Jospin auprès du ministre de l'Éducation Nationale Claude Allègre ;
27 mars 2000 au 27 mars 2001 : ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité, brièvement Martine Aubry puis Elisabeth Guigou ;
28 mars 2001 au 5 mai 2002 : ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées du Gouvernement Jospin auprès de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité Elisabeth Guigou.

Mandats politiques nationaux

13 juin 1988 au 2 mai 1992 : députée des Deux-Sèvres (démissionne pour entrer dans le gouvernement Bérégovoy) ;
2 avril 1993 au 21 avril 1997 : députée des Deux-Sèvres ;
1er juin 1997 au 4 juillet 1997 : députée des Deux-Sèvres (démissionne pour entrer dans le gouvernement Jospin) ;
depuis juin 2002 : députée de la 2e circonscription des Deux-Sèvres (élue au 2e tour).

Mandats politiques locaux

1983-1986 : conseillère municipale de Trouville-sur-Mer (Calvados). Elle quitte son poste en 1986, attitude justifiée par elle par des fonctions d'importance croissance à l'Elysée, mais il semble qu'elle ait quitté le Calvados parce qu'elle se serait rendu compte qu'elle ne serait pas investie par le PS local pour les législatives de 1986 ;
13 mars 1989 au 18 juin 1995 : conseillère municipale de Melle (Deux-Sèvres) ;
En 1995, elle est battue aux élections municipales à Niort par le maire socialiste sortant Bernard Bellec.
18 juin 1995 au 18 mars 2001 : conseillère municipale de Niort (Deux-Sèvres) ;
2 avril 1992 au 23 mars 1998 : conseillère générale des Deux-Sèvres ;
23 mars 1992 au 3 avril 1992 : conseillère régionale de Poitou-Charentes (démissionne pour entrer dans le gouvernement Bérégovoy) ;
depuis le 2 avril 2004 : présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes ;
Présidente du syndicat mixte du Parc interrégional du Marais Poitevin depuis 2004.

Présidentielle de 2007

Ségolène Royal est potentiellement candidate à l'investiture socialiste à l'élection présidentielle de 2007. Plusieurs sondages[5] menés au début de l'année 2006 indiquent qu'elle pourrait remporter cette investiture[6] [7], ainsi que l'élection présidentielle[7] [8].

Positionnement politique

Critiquée par ses « concurrents » depuis qu'elle est en tête des sondages d'opinion pour ne pas suffisamment communiquer sur son positionnement politique (en avril 2006, Nicolas Sarkozy dit de son projet, « C'est : circulez, y a rien à voir »), elle se défend en expliquant être dans une période d'écoute (« diagnostic partagé ») et attendre d'avoir finalisé le projet socialiste avant de faire part de ses propres positions. Depuis le début de l'année 2006, elle commence cependant à dévoiler ses prises de position au gré d'interviews ou de chats avec des internautes[9].

Économie

En matière économique, Ségolène Royal explique dans les Echos[10] être partisane d'une nouvelle donne économique (« un bon deal »[11]) alliant performance économique et justice sociale.

Elle envisage, entre autres, d'instaurer un statut fiscal incitatif pour les investissements dans la recherche, l'innovation et l'environnement. Elle n'est également pas opposée à des assouplissements concertés sur le code du travail (modulation du temps de travail, 35h, etc.) à condition que le CDI reste une référence et que de nouvelles sécurités soient trouvées pour compenser une plus grande flexibilité. Elle se pose comme objectif de réduire les déficits par une politique économique favorable à la croissance, mais également de réduire le train de vie de l'Etat (éviter les gaspillages, éliminer les doublons, etc.).

Pour réduire le coût du travail (causé par les charges selon elle), elle propose de transférer les cotisations maladie et famille sur la fiscalité. Enfin, elle se prononce pour une augmentation du Smic et insiste sur le fait que personne ne doit être payé à ne rien faire.

Institution

Ségolène Royal s'est prononcée pour le non-cumul des mandats (prévu dans le projet du Parti socialiste) et par souci de « cohérence », a décidé de ne pas poser sa candidature au renouvellement de son mandat de député des Deux-Sèvres[12] qu'elle n'avait pas quitté lors de son élection à la présidence du conseil régional de la région Poitou-Charentes (cumulant ainsi deux fonctions pendant plusieurs années).

Société

Ségolène Royal n'est pas favorable à une dépénalisation du cannabis qui serait selon elle, « un signal qui consisterait à banaliser l'usage de la drogue ». Quand à la question de la légalisation de la prostitution (sur le modèle allemand), elle se dit contre ce qu'elle appelle « la vente des corps » et qu'elle considère contraire à la charte internationale des droits de l'Homme.

Homosexualité et homoparentalité

Ségolène Royal a émis de sérieuses réserves sur le mariage homosexuel : « Je me suis toujours refusée à instrumentaliser les questions de société pour faire "dans le coup". Je préfère le mot union à celui de mariage pour ne pas bousculer les repères traditionnels, la famille c'est un père et une mère. »[13]. Le 2 juin 2006, lors d'une réunion au siège lillois du parti socialiste, elle a déclaré qu'en cas de victoire socialiste à la présidence de la République, le mariage homosexuel comme l'adoption pour les couples homosexuels seraient mis en place.

Sécurité

En juin 2006, Ségolène Royal révèle certaines des solutions qu'elle entrevoit pour « tarir la source de la délinquance ». Elle surprend jusque dans son camp par un discours de fermeté, proposant notamment de placer « dans un service à encadrement militaire à vocation humanitaire ou pour apprendre un métier » les mineurs de plus de 16 ans dès « le premier acte de délinquance ». Elle a également évoqué la « mise sous tutelle des allocations familiales » pour « responsabiliser » les parents et proposé la création d'« écoles de parents » où seraient tenus de se rendre les parents d'enfants ayant commis des incivilités répétées. Enfin, elle propose la création de « tuteurs de collèges » qui permettraient à certaines classes d'être encadrée par deux adultes. D'après le site http://www.expression-publique.com/expression-publique/resultat.php?adresse=palmf22 ses déclarations semblent rencontrer un écho favorable en particulier chez les sympatisants du parti socialiste. En revanche, l'extrème-gauche la stigmatise en allant jusqu'à l'accuser de "vouloir doubler Sarkozy sur sa droite".

Soutiens

Certains personnalités ont ouvertement exprimé leur soutien à l'égard de Ségolène Royal pour sa candidature aux présidentielles de 2007. Les organes de presse les ont parfois qualifié de « royalistes », terme auquel Ségolène Royal préfère celui de « ségolénistes ».

Dans le monde politique

Gérard Collomb (Sénateur-Maire PS de Lyon, président du Conseil national du PS) ;
Michel Sapin (Président PS du Conseil régional du Centre) ;
Patrick Mennucci (Vice-président PS du Conseil régional de PACA) ;
Jean-Jack Queyranne (Président PS du Conseil régional de Rhône-Alpes) ;
Malek Boutih (Secrétaire national chargé des questions de société du PS) ;
Julien Dray (Député de l'Essonne/secrétaire national et porte-parole du PS) ;
Christophe Girard (Adjoint PS au Maire de Paris chargé de la Culture) ;
Edmond Maire (ancien secrétaire-général de la CFDT de 1981 à 1988) ;
Roger Madec (Sénateur-Maire PS du XIXe arrondissement de Paris) ;
Jean-Pierre Masseret (Président PS du Conseil régional de Lorraine) ;
Guy Férez (Maire PS d'Auxerre) ;
François Marc (Sénateur PS de Bretagne) ;
Jacques Attali (ancien conseiller personnel de François Mitterrand) ;
Jacques Auxiette (Président PS du Conseil régional des Pays de la Loire) ;
Louis Mermaz (ancien Ministre, Sénateur PS de l'Isère).

Dans le monde culturel

Carole Bouquet (actrice) : « Je souhaite à Ségolène Royal un destin national » ;
Nicolas Rey (écrivain) ;
Diam's (rappeuse).

Association « Désirs d'avenir »

« Désirs d'avenir » est le nom de l'association de soutien à Ségolène Royal dans sa « candidature à la candidature » au Parti socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2007.

« Désirs d'avenir » est aussi le nom d'un vaste « forum participatif » qu'elle a lancé sur Internet mi-février 2006[14]. Le site se veut une illustration de la « démocratie participative » prônée par Ségolène Royal. Plusieurs débats sont ouverts à la participation des citoyens internautes sur divers sujets (justice, prison, école, téléchargement, etc.). Les remarques et commentaires apportés par les internautes font ensuite l'objet de synthèses où Ségolène Royal note les idées qu'elle a retenues de ces échanges. Tout cela forme une ébauche de publication librement accessible et ouverte aux commentaires. La version finale fera l'objet d'une publication classique sur papier.

Compléments

Tony Blair

Dans le Financial Times, Ségolène Royal a déclaré adhérer à certaines idées du Premier ministre anglais Tony Blair (réinvestissement dans les services publics, lutte contre le chômage des jeunes et prise en charge des jeunes diplômés), ce qui lui valut l'étiquette de « blairisme » (avec une connotation libérale et atlantiste). Cependant elle a aussi critiqué le manque de réactivité de celui-ci face aux fermetures d'usines en Angleterre et dit penser qu'il fait le mandat de trop.

Affaire judiciaire

Suite à la dissolution de 1997, Ségolène Royal a conservé trois collaboratrices lors des élections législatives. Suite à un litige sur les salaires, elles saisissent le conseil de prud'hommes de Niort et obtiennent en 1999 une condamnation de Ségolène Royal à un rappel de salaires de trois semaines (sur les trois mois demandés). En 2001, Ségolène Royal est déboutée de la plainte pour « diffamation » qu'elle avait déposée contre ses anciennes collaboratrices. Elles portent plainte au pénal pour « recours au travail clandestin » mais Ségolène Royal obtient un non-lieu en 2003[15].

Gérard Royal

Gérard Royal, frère de Ségolène Royal et ancien lieutenant de la DGSE, est impliqué dans l'affaire du Rainbow Warrior : il aurait transporté les deux plongeurs à l'origine du sabotage du bateau de Greenpeace en 1985. Il est à noter qu'à l'époque Ségolène Royal, - qui, semble-t-il, ignorait les activités de son frère -, aurait projeté de rallier l'atoll de Mururoa, en compagnie de militants d'associations antinucléaires.[16].

Annexes

Bibliographie

De Ségolène Royal :

Le Printemps des grands-parents : la nouvelle alliance des âges (Cogite-R. Laffont, 1987) ISBN 2-221-05314-1; (France Loisirs, 1988) ISBN 2-7242-3948-2; (Presses pocket, 1989) ISBN 2-266-02730-1.
Le Ras-le-bol des bébés zappeurs (R. Laffont, 1989) ISBN 2-221-05826-7. Note : La couverture porte en plus : "Télé-massacre, l'overdose ?"; Sujet(s) : Télévision et enfants, Violence télévision.
Pays, paysans, paysages (R. Laffont, 1993) ISBN 2-221-07046-1. Sujet(s) : Environnement Protection, Politique de l'environnement, Développement rural.
France. Ministère de l'environnement (1991-1997), Ségolène Royal, une année d'actions pour la planète : avril 1992 - mars 1993 (Ministère de l'environnement, 1993).
France. Assemblée nationale (1958-....), Commission des affaires étrangères, Rapport d'information sur les suites de la Conférence de Rio (Assemblée nationale, 1994) présenté par M. Roland Nungesser et Mme Ségolène Royal, ISBN 2-11-087788-X.
La vérité d'une femme (Stock, 1996) ISBN 2-234-04648-3.

À propos de Ségolène Royal :

Cécile Amar et Didier Hassoux, Ségolène et François (Privé, impr. 2005) ISBN 2-35076-002-2.
Daniel Bernard, Madame Royal (Jacob-Duvernet, impr. 2005) ISBN 2-84724-091-8.
Marie-Eve Malouines et Carl Meeus, La madone et le culbuto, ou l'inlassable ambition de Ségolène Royal et François Hollande (Fayard, impr. 2006) ISBN 2213623546.
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# Posté le dimanche 04 juin 2006 08:00

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 17:06